
VIVIANE AVRIL 2018 PARIS
Elle ne savait pas du tout….
Et cela pendant très longtemps
Ce qu’elle voulait faire plus tard !
En 5° elle avait une prof de sciences naturelles
Formidable qui s’intéressait aux cailloux !
Et transmettait sa passion ….Alors
Elle voulait être géologue
Mais
Elle n’aimait pas l’école
Ni le Collège ni le lycée
Elle plaignait les profs
De dompter cette bande d’ados
Surtout à cette époque
Les années 72 …74
Il y avait les grèves
La contestation chez les jeunes
Lorsqu’il a fallu se décider
A l’époque de la terminale
Elle a choisi plutôt par défaut
Pas de métier scientifique
Pas d’enseignement
Mais
Elle n’avait toujours pas
De vision d’avenir
Sa mère commençait à s’inquiéter
« En désespoir de cause
Elle me propose
Par l’intermédiaire d’une amie
L’école des Chartes
J’aimais beaucoup cette personne
Et l’histoire me passionnait depuis
Ce prof que j’adorais
Alors.…
Pourquoi pas »
Elle s’inscrit au lycée Henri IV
En « prépa »
Elle dit
« Une horreur qui m’a traumatisée »
Heureusement
Elle vivait au centre de Paris
Elle avait des amis
Une vie sociale et culturelle….Intense
MAIS
Comme elle travaillait peu
Elle a raté le concours
ALORS
Par défaut encore
Elle s’est inscrite en fac d’histoire
Trois années ……Longues !
Elle aimait l’histoire, heureusement
Elle se souvient
D’un stage d’archéologie
Qui a mis fin à sa vocation d’archéologue
Au bout de 5 minutes
Accroupie en plein soleil
À gratter la terre pour trouver
Un éventuel caillou
Et attraper une insolation
Ce fût un mois très long………… !
Cependant
Elle est restée jusqu’au bout
C’était une période compliquée
École des Chartes ratée
Licence en cours
MAIS
Parfois …. !
Elle reçoit une proposition
Envoyée aux jeunes de 20 ans
Par les archives nationales
Pour……. !Remettre à jour la liste
De la légion d’honneur
Et
Etudier les dossiers de demande d’aide
Les peintres du 19° siècle et autres artistes
Voulaient des autorisations
De faire des copies d’œuvres
Pour se faire de l’argent et vivre décemment
Ils racontaient des vies terribles
…….
Elle est restée un temps
Elle avait envie de
Quitter la vie d’étudiante
Et de rentrer dans
LA VRAIE VIE
Elle n’a jamais rendu son
Mémoire de maitrise
PUIS
Elle travaille à mi- temps
Elle habite un appartement à Paris
Elle se rapproche
De la bibliothèque d’Antony
CAR
Son père avait participé à la création
D’une annexe de cette bibliothèque
Elle va rencontrer la bibliothécaire
La réponse…
Ce n’est pas pour toi…
Un verdict immédiat
Sans appel
Elle se renseigne tout de même
Car elle adore l’archivistique
Elle s’inscrit tout de même au CAFB
Certificat d’aptitude aux fonctions de bibliothécaire
Comme elle a du mal
Avec les documents administratifs
Au lieu de choisir l’option
Elle a tout coché adulte et jeunesse
Ainsi
Lors de la préparation de l’examen
Elle fût dans l’obligation de
Se découvrir une vocation
Pour les secteurs jeunesse
Elle n’a pas fait beaucoup d’effort
Car dans sa famille
Il y avait beaucoup de livres
De littérature jeunesse
Ses sœurs lisaient…elle aussi
…Elle n’a jamais cessé d’ailleurs
Même maintenant …. !
Elle affichait cependant
Un désintérêt clair
Pour les enfants
Elle ne voulait même pas
Encadrer des colonies de vacances
MAIS
Elle fût sauvée, à l’oral de l’examen
Car
La veille, elle avait découvert
Dans la librairie près de chez elle
« Julie qui avait une ombre de garçon »
Edité par l’éditeur controversé
« Le sourire qui mord »
C’était en en 1976 …..Elle avait 20 ans
Elle a eu la chance de faire sa formation
A Massy / l’avant-garde de la profession
Avec tous les adultes merveilleux
Qui ont créé le concept même
Des bibliothèques jeunesses
Dans ce lieu de bouillonnement
Elle a fait ses premières armes
NB quelle chanceuse
Ailleurs en France on en rêvait
Moi la première
Elle a fait son stage à Sceaux
Dans une petite maison
Abritant la bibliothèque jeunesse
On pouvait tout inventer
La fantaisie était de mise
Et en bon artisan
Aller de la conception
Au bout de la réalisation
Avec une responsable extra !
Elle décroche le CAFB
Malgré la bibliographie
Matière dans laquelle
Elle était nulle
Elle est recrutée deux mois
Dans « l’ile aux livres »
En qualité d’intermittent du spectacle
Comme elles étaient entourées de gens de théâtre
Elles construisaient des décors pour les histoires
Recevaient des classes
Au kg dit-elle !
Parfois les adultes
Les trouvaient «inexpérimentées »
C’étaient leurs débuts
Après ce temps délicieux et
Très constructif
Elle pose une série de dossiers
Dans les bibliothèques de la ligne de Sceaux
RIEN
Elle tente un dossier pour le concours
Des bibliothèques ville de Paris
Elle voit la secrétaire le ranger au fond d’un tiroir
Pas de concours avant au moins 1979
Donc 2 ans à attendre et espérer !
ET….L’IMPREVU
Elle a un coup de tel
De la direction des bibliothèques /Michel Sineux
Qui lui propose un poste de
Conservateure à la bibliothèque Faidherbe à Paris
En secteur jeunesse
Mais en précisant
« Qu’il s’agit d’un poste impossible
Car le secteur jeunesse est en guerre
Avec le conservateur en chef Mr Cusin
ELLE ACCEPTE…..ET LA
Elle a appris la diplomatie et
L’art du compromis
Le responsable considérait l’équipe en place
Comme des électrons libres
Elles étaient en effet
Très expérimentées et très rebelles
Et l’arrivée de cette nouvelle
N’était pas de leur gout
« Elles ne lui ont pas adressé la parole
Pendant une semaine
Puis comme elle étaient
D’excellentes électrons libres
Elles sont même devenues amies !!!!»
A quelques temps de là….
Comme dans les histoires
Elle est partie à l’école de conservateurs
A LYON
Elle réussit tous ses examens
Et peut assurer avec plénitude
La place de reine
Pardon conservateure
Et comme dans les histoires
Si elle avait suivi la voie royale
Elle ne serait jamais devenue
Conservateure de bibliothèque
Spécialisée « jeunesse »
Mais
Après son passage
A la bibliothèque Faidherbe
Et un court passage à la bibliothèque Courcelles
Elle reste 27 ans dans la mythique
Bibliothèque jeunesse
« L’heure joyeuse »
NB Le berceau des bibliothèques jeunesse en France
Initié par deux femmes très courageuses
Et très « électrons libres »
Dans les années 1920 après-guerre
Sur des fonds américains
Aujourd’hui elle opére
Dans une bibliothèque toute neuve
Toute blanche née de la restauration
D’un ancien couvent
Cette médiathèque Françoise Sagan
Ou elle assure
Un énorme poste de direction
Elle réfléchit un instant
«Je ne sais pas ce qui pousse vers ce métier
Il n’y a pas tant de postes
Les salaires sont bas
La sureté de l’emploi ? »
Je crois que ce serait plutôt
L’originalité de cette relation humaine avec le public qui pousse
Certains et surtout certaines d’entre nous à choisir ce métier
Et
Je fais partie de ceux qui ont aimé cette relation avec le public dénuée de toute prise de pouvoir
Cette relation de transmission de savoirs basée sur le désir d’apprendre et celui de transmettre
Cette gratuité conjuguée comme suit
Je viens si je veux
Je lis si je veux
Je ne lis pas si je veux
Je m’abrite du froid si je veux
Et
Je veux saluer là l’opération spontanée
De soutien de l’équipe des bibliothécaires aux sans papiers
Cette demi-heure sur l’espace déjeuner nommée « Bla Bla lunch »
Sans doute est-ce l’histoire du lieu qui inspire…..Comme le dit la plaque de marbre sur le mur
« Accueil des enfants trouvés des pauvres des galériens »
En effet certains galèrent plus que d’autres….
CONTESSE
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Mimi Contesse
Contesse