Olivier

Olivier

Episode 39
40:15

OLIVIER AOUT 2017 PARIS

« Ce qui est fondamental ….

Ce sont deux choses

Le bilinguisme et …

Le Mexique, le paradis perdu ! »

 

Dit-il

Le regard dans le vague

Perdu  dans ses souvenirs

Il ajoute…….

 

« Entre quatre mois et huit ans

J’étais plongé dans une autre culture… 

Mes parents s’étaient expatriés

Nous étions expatriés [mon père était retourné au Mexique après avoir effectué son internat à Paris, nous emmenant ma mère française (et moi, 4 mois après ma naissance) dans ses bagages]

À Mexico »

 

Ainsi

Vous aurez la version Mexique

Et le version française par ma voix.. . !

 

Au  début de sa vie

Il passait beaucoup de temps

Dans une famille mexicaine

Amie de ses parents

Il se croyait un peu

Le fils de cette famille

Il faudrait peut-être indiquer ici qu’au contact de cette famille, et en particulier de cette grande amie de la famille, Bertha, à qui on me confiait très régulièrement, j’ai appris l’espagnol, je me suis “mexicanisé” :

 le fait de vivre en expatrié n’y aurait pas suffi, quant au lycée français c’était un laboratoire où l’on transformait les petits Mexicains en Français, je ne sais plus si je t’ai donné l’exemple de ce petit copain belge, arrivé en même temps que moi à Mexico, qui a lui aussi fréquenté le Liceo franco-mexicano, et qui est reparti du Mexique la même année que moi sans avoir appris un seul mot d’espagnol — j’imagine que même sa bonne devait être française ou belge ; moi, c’était tout le contraire : par cette deuxième famille (et surtout par cette femme, Bertha, qui m’adorait, dont j’étais le fils imaginaire), j’ai été mexicanisé au point de me sentir étranger en arrivant en France à 8 ans ; je t’ai raconté aussi, je crois, le choc linguistique absurde qu’a été pour moi l’arrivée à l’école Chernovitz en classe de 9e, face à des gamins bien français qui argotisaient — au laboratoire LFM, on ne disait pas de gros mots, on s’efforçait de bien parler français, ce qui pour les Mexicains était déjà bien assez difficile. Mais pour faire comprendre cet “exil” que j’ai vécu à 8 ans, il faudrait en dire beaucoup plus : l’arrachement à Berta, bien sûr, à une culture très forte (hispanité + Aztèques), à des paysages, à des saisons toutes autres que les nôtres, à un gigantisme, à une pauvreté, à des saveurs, des odeurs (les marchés), aux fruits tropicaux, aux tortillas, à une manière de parler espagnol (l’accent mexicain est sublime)… c’est assez compliqué, j’ai consacré quatre recueils à cette question, en fait… »

 

Il fréquentait le lycée français de Mexico

Écriture à la plume, bons points, médailles, etc…

Tout le kit de l’éducation traditionnelle

C’était pour lui

La période faste

Il était une sorte d’enfant modèle

Dit-il….. !

 Avec un sourire dans la voix

 

Mais

Lorsqu’il a eu huit ans

Ses parents rentraient

Chez eux, en France  

IL DIT

« Ma mère “exfiltre” mon père de ce Mexique où il n’avait presque aucune attache — il y  était arrivé à l’adolescence, après l’Espagne en guerre puis la France. Il a accepté de la suivre (de nous suivre) pour refaire ses études de médecine en France »

 

Tout était différent du Mexique

L’école ne ressemblait en rien

Au Lycée de Mexico

Les méthodes éducatives

« Il n’y avait pas du tout de souffrance au lycée français,

 Les maîtres étaient très gentils, disons que

Le LFM avait fait un arrêt sur image dans les années 50 »

Étaient  toit autres

Les parfums les couleurs

La façon d’y vivre…..

……

Pour lui

« Tout le Mexique, avec ses lieux de week-end et de vacances, Vista Hermosa, San Miguel de Allende, Acapulco, Zihuatanejo était son paradis perdu »

La sensation de déracinement

Était si intense et douloureuse

Qu’il s’est replié sur lui même

Sa scolarité est devenue chaotique

Il est même devenu

« Nul en français »

dit-il en riant !

 

Le grand écart lui paraissait

Impossible

Il se sentait

EXILÉ DÉRACINÉ PERDU

 

Cependant

Deux éléments l’ont empêché

De sombrer dans le chagrin

Son engouement pour la lecture

Il se présente comme :

«Lecteur  compulsif »

« Les séjours linguistiques ne m’ont pas empêché de sombrer dans le chagrin — disons que je m’y suis épanoui, que j’y ai acquis la compétence (linguistique) dont je ferais plus tard un métier »

Dit-il

Lors d’un stage de langue en Irlande

À 13 ans, il a commencé

À fumer à écrire et à faire de la voile !

« Il se trouve que je faisais de la voile aussi, mais cette activité m’emm….. Profondément,

 Je passais mon temps à dessaler, après cet épisode je n’ai pas insisté »

 

Il écrivait

D’abord en secret

Il avoue sécher les cours

Écrire dans les cafés

« J’étais un cancre, mais j’écrivais … !

j’étais un cancre dans toutes les matières qui demandaient du travail et de la méthode, donc tout sauf les langues vivantes, je ne comprenais rien aux maths, j’étais noyé en histoire-géo, le français me passionnait évidemment, mais mon incapacité à me plier aux règles de la dissertation plombait mes résultats — incapable de rédiger un plan, je rendais de longs brouillons »

 

Ses mots, ses idées, ses pensées

Partaient dans tous les sens

De même que les pages de ses carnets

Il proclamait son

Militantisme, son athéisme

« Mon premier atelier de poète, disons d’avant-poète a consisté

A entretenir une correspondance

Fiévreusement  amoureuse

Pleine de métaphores

Pour séduire une jeune fille

Ça n’a même pas marché, avoue- t-il !

« Disons qu’il en fallait plus, ou qu’il fallait autre chose, pour la séduire »

Ah l’adolescence ….. Et ses éruptions volcaniques !

 

En cours de français

Il se lançait  dans des digressions sans fin

« Je parle trop ici de l’école, de cette longue humiliation fondée sur un malentendu »

Il rédigeait des brouillons interminables

«  Je séchais les cours pour lire et écrire, c’était le seul lien entre l’enseignement et mon activité »

Son écriture a évolué vers le récit

Hélas !!!!

Il n’était pas fait

Pour la fac d’espagnol

« Pour être précis, une fois mon bac enfin décroché (péniblement, après une année à Sainte-Barbe, la sinistre boîte à bac de la rue Valette)

J’entre en double cursus anglais-espagnol à la Sorbonne Paris IV, Clignancourt,

NB fac et narration étaient  contemporaines, mais indépendantes »

Il essayait un style

Le lendemain

Il en changeait

C’était la joyeuse effervescence

Estudiantine

Son environnement l’y invitait

Les uns dessinaient

Les autres écrivaient

« Ça, c’est ma bande d’amis, Thomas le peintre, Martin le photographe, je fréquentais aussi des musiciens, j’avais  beaucoup d’affinités avec les musiciens, une fascination mutuelle, l’autre comme Inconnu, comme Inconnaissable »

Qui des romans, qui  de la poésie

Lui…. s’acheminait vers

LA POESIE

«  Il y a une évolution insensible ” d’un état à l’autre, les anglophones parlent de “morphing” — je travaille mon style sans savoir où ça va mener, et ça me mène là, précisément, dans la poésie ; je cherche un Graal et j’en trouve un autre… »

Il a proposé ses textes

PUIS …Il y a eu

Une date importante

Celle où la première fois

Il a vu un de ses textes

PUBLIÉ

Dans une revue d’étudiants

Diffusé dans une librairie

En face de Sciences po !!!!

« Sans-Filtre », petite revue tapée à la machine, photocopiée et agrafée ; j’ai participé à deux ou trois numéros, on s’offrait le luxe d’un “comité de rédaction”, autour d’une table, dans les sous-sols de la librairie ; je n’ai pas oublié le nom du fondateur et rédacteur-en-chef, Louis Carzou, jamais revu »

Tout cela était artisanal

Mais pour la première fois

« Il se regardait lui-même comme un autre »

Mais aussi plus froidement

« Il avait l’obligation de se relire, de travailler !»

 

C’était une naissance

« Je ne perds pas de vue que l’édition poétique reste toujours modeste, si haut qu’on soit assis — mais bien sûr, c’était une naissance, une première reco-naissance. Je sais bien que Sans Filtre était une revue de potes, de potaches, mais il reste que Louis Carzou m’a adoubé ! Avec mon ingénuité de grand débutant, je prenais l’affaire extrêmement au sérieux… »

 

Il était quelque peu

En rupture avec sa famille

«  Ils n’attendaient pas grand-chose de moi, si ce n’est que je débarrasse enfin le domicile familial — c’est-à-dire ma petite chambre de bonne, une dépendance de leur appartement, de l’autre côté de l’immeuble, que j’ai occupée entre 80 et 87. Soit 7 ou 8 longues années à me réinscrire en DEUG, à coups de lettres de dérogation savamment troussées (dans ces lettres, je faisais valoir mon petit boulot de traducteur aux Éditions Techniques, voir ci-après). Quant à la rupture avec ma famille, elle avait été très forte à l’adolescence, d’où cette chambrette dès 17 ans, qui arrangeait tout le monde. Dès la fin de la première année de DEUG, je vais commencer à mentir sur mes résultats, m’imaginant toujours que j’allais pouvoir rattraper le temps perdu, et ainsi, d’année en année, j’allais m’installer dans cette sorte de bohème pseudo-étudiante (et angoissée) »

 

Son père avait une culture très éclectique

« J’entends “éclectique” comme un reproche. Aussi bien pour la musique que la littérature, je suis le contraire d’un éclectique : quand j’aime, je lis tout, j’écoute tout, exhaustivement, en ogre romantique ; l’étroitesse fine bouche des appétits paternels m’a toujours vaguement dégoûté par comparaison »

Cela faisait partie de la tradition familiale »

 

Mais lui était tout près

D’abandonner ses études

Pour écrire

Catherine a aidé  à ce passage

Avec cette  phrase pragmatique

« Si tu ne veux pas faire d’études

Ce n’est pas grave, tu n’as qu’à travailler !!! »

« Parole libératrice : Catherine, qui elle était une bonne étudiante, m’a décomplexé vis-à-vis des études ; grâce à elle, j’ai arrêté de faire semblant, j’ai pu passer à autre chose »

 

Son premier job

Consistait à traduire …Un dictionnaire médical

« Des articles d’encyclopédie, des fascicules sur des maladies, destinés aux médecins en Espagne et en Amérique latine. Techniques chirurgicales contre l’impuissance, dermatologie sur peau noire, etc. Mon père m’avait pistonné, il m’aidait pour les termes techniques. Attention à la chronologie : je traduis pour les Éditions Techniques dès le début de mes études, je vais en tirer un argent de poche assez confortable, environ 3 000 F par mois, qui me permet d’aller au cinéma, d’acheter des bouquins, de traîner dans les cafés, sans trop compter. »

 

Ce n’était pas  aussi prestigieux que l’ONU

Où son oncle était interprète

MAIS

Ce job lui a permis
De  finir ce temps d’études

« Attention ! Je n’ai jamais fait d’études de traduction, justement, puisque faute de décrocher une licence, je n’ai pas pu entrer à l’ESIT (voie royale pour les études de traduction en France) ; ce que j’ai fait, avec les Éditions Techniques, les articles de l’Encyclopédie médico-chirurgicale, c’est me former au métier, sur le tas ; bizarrement, en traduisant vers l’espagnol. Ce job m’a surtout permis de faire durer mes vagues études en me consacrant à l’écriture — activité fébrile, je travaillais la nuit, je multipliais les récits et nouvelles, je dessinais beaucoup aussi, du sous-Topor, dans une tabagie épouvantable. J’apprenais l’air de rien le métier d’écrire. »

 

Il aimait ce passage

D’une langue à l’autre

D’une civilisation à l’autre

La suite coulait de source

Le fait de traduire vers l’espagnol …était pour lui nouveau

 

Mais d’une facilité déconcertante

Il retrouvait ses racines

« Bien sûr c’était sa deuxième langue maternelle !

Celle qu’il avait choisie en lien avec celle de sa “famille mexicaine”

Deux langues deux cultures »

 

Il est devenu traducteur

De russe et d’espagnol il dit

«  Tu anticipes un peu ! Depuis mes débuts professionnels, c’est-à-dire après les Éditions Techniques, je traduis depuis l’anglais et l’espagnol ; ce n’est que récemment que je me suis mis à traduire le catalan (quand les indépendantistes ont commencé à faire parler d’eux) ; Courrier international me finance par ailleurs, depuis quelques années, une formation en russe qui doit à terme me permettre de traduire des articles (j’ai fait le russe en deuxième langue au lycée) »

 

Entre l’âge de 25 à 35 ans

Il s’est essayé à la création d’entreprise

« Pas vraiment une entreprise, j’étais simplement “travailleur indépendant”. À notre retour de Barcelone, où j’avais suivi Catherine pour son Erasmus et où j’avais enchaîné les petits boulots, j’ai commencé à traduire professionnellement, d’abord dans le milieu associatif (CEDAL, CCFD), puis, quand on a pris un appartement je pense, je me suis inscrit à l’URSSAF en tant que traducteur. Le statut d’auto entrepreneur n’existait pas encore. Longues années de galère. Il m’arrivait de travailler et de gagner beaucoup, mais je passais mon temps à rembourser des arriérés pour les diverses caisses, sachant que plus de la moitié de mes revenus repartait à l’URSSAF et compagnie. C’était le temps des échéanciers ! Je devais déclarer mensuellement la TVA !! Bref, le statut d’indépendant n’était pas du tout adapté à mon activité (ni à mon ingénuité). Je n’ai pas le profil du bosseur fou furieux qui accepte tous les boulots et sous-traite à tours de bras. J’aurais dû embaucher… Si j’avais traduit des bouquins, on m’aurait payé en droits d’auteur, mal payé au feuillet, certes, mais j’aurais aussi reversé beaucoup moins. En septembre 1991, je commence à traduire des articles pour Courrier international, payés en “piges”. Ils ont tourné pendant la première année sans pigiste, je suis un peu leur providence, mais je leur coûte cher. Je fais des mois à 30 000 F ! La plaisanterie ne va pas durer longtemps, je vais assez vite devenir pigiste régulier : moins payé au feuillet, mais assuré d’une régularité. Les galères financières continuent, je suis toujours à l’URSSAF et la moitié de ce que je gagne repart en cotisations. L’été 1992, j’assure une permanence à la tête du service traduction du Courrier et je tombe sur une lettre du chef de la Division de la Traduction française du Conseil de l’Europe, qui cherche des traducteurs. Je vais commencer à travailler pour le Conseil de l’Europe. Des textes à vous dégoûter d’être traducteur. Sans doute l’ordinaire de l’ONU et de ce genre d’organisation : je ne regrette pas de ne pas en être. Dans les années qui suivent, je jongle entre Courrier et le Conseil de l’Europe, tout en luttant contre la débâcle financière. Mais je tiens farouchement à mon “indépendance” : à deux reprises, je vais refuser une proposition d’embauche à Courrier. Quel crétin ! L’année de la naissance de Cléo, je fais enfin ce qu’il faut : je traduis des bouquins pour pouvoir relever de la caisse des auteurs et finalement être radié de l’URSSAF. En septembre 1997, j’entre en CCD à Courrier, puis en janvier 1998, c’est enfin le CDI. Mais en 2,5/5e, histoire de garder un peu de “liberté”, pouvoir écrire à côté. (Fallait-il être bête : mes années d’“indépendant” sont celles où j’ai le moins écrit : je n’avais pas d’horaires, je traduisais le jour, la nuit, j’étais rongé par l’angoisse du lendemain.) J’entre à Courrier d’un orteil frileux. Je vais peu à peu passer à 3/5e, 4/5e, aujourd’hui je suis à 4,5 : lundi-mardi-vendredi sur place, mercredi matin et jeudi en télétravail, c’est-à-dire chez moi. »

 

Il n’a pas fini à l’ONU !

« J’ai renoncé à ce vague rêve (de respectabilité) de ma mère ; je ne sais plus si je t’ai raconté, la supercherie des 5 ou 6 ans d’études s’est arrêtée brusquement. Ma mère venait de me déposer en voiture à Dauphine pour que je passe le concours d’entrée à l’ESIT. J’avais fait croire que j’avais ma licence, condition pour se présenter au concours. J’ai senti à ce moment-là, en errant dans le quartier de Dauphine pendant les épreuves, que c’était allé trop loin. J’ai fini par tout déballer. »

Il avait très peur d’être prisonnier

D’un travail alimentaire

« Disons que je tenais à ce que ce travail reste alimentaire et ne me dévore pas. »

Pourtant

 

« Sur la pression d’amis Bertrand (qu’on va retrouver plus loin) et sa femme. Là, on doit être vers l’été 1991. »

 

IL ENVOIE UN CV

À COURRIER INTERNATIONAL

Un an après la fondation du journal

AINSI

Il est devenu pigiste régulier, traducteur

Il a refusé d’être recruté

Toujours cette peur de l’enfermement

Peur de se perdre……

 

Il avait la certitude

De pouvoir aménager lui-même

 

ÉCRITURE ET TRADUCTION

 

Il écrivait de la poésie

Son environnement était porteur

Ses amis artistes lisaient ses textes

« Bertrand, notamment, mon ami peintre, qui des années plus tard m’éditerait »

Mais il fallait bien gagner de l’argent

Il a eu un contrat de traducteur

Au Conseil de l’Europe

Le responsable du service de traduction

Voulait le débaucher du journal

« À l’été 1992, j’étais pigiste régulier, le chef du service traduction du Conseil de l’Europe proposait du travail aux gens de l’équipe, par courrier, il ne savait pas comment on fonctionnait »

Mais il a fait son choix….

 

En restant à temps partiel

Il aurait ses soirées libres

Et ses week ends

Sa priorité était :

ÉCRIRE

 

En 1997

Année phare

Leur premier enfant est né

Il a eu un CDI au journal

Il a arrêté de fumer !

Il a publié un recueil de poésie

Aux Éditions du Petit-Véhicule

« À son plus grand étonnement et ravissement  »

Dit-il toujours modeste

« Après pas mal de publications dans des revues de poésie, ça s’est bien bousculé cette année-là ; j’avais proposé un échantillon de textes en 1996 à une trentaine d’éditeurs, Essaim a été pris l’année suivante. »

 

Cette année-là, il sait que c’est le moment

Le cœur de sa vie

Est bien…… L’écriture

Il en a toujours eu la certitude… depuis ses treize ans…

Il compose son premier livre :

Sur son enfance

« Le Güero, j’en ai l’idée en 2001,  à la bibliothèque de Barcelone, suite à notre séjour de 1988-1990 avec Catherine dans ce monastère extraordinaire « Plus précisément la bibliothèque de Catalogne, installée dans un ancien hôpital datant du XVe siècle, de style “gothique civil” »

«  Essaim n’est pas un livre sur l’enfance, ou pas directement, c’est un livre sur l’arbre, des poèmes en prose sur le thème de l’arbre »

 

Grandes amitiés et

Grands enseignements

« Seules les traces font rêver»

Dit René Char….

Il cherche quelle trace

Il veut laisser

Il remplit des pages de mots

Dans tous les sens

Il cherche SON SENS

Il achète même des guides

« oui, bien sûr, je cherche à publier, je fréquente le Marché de la poésie, j’achète les guides des revues et des éditeurs (Arlit, Audace), j’envoie des textes aux revues, aux maisons d’édition ; ça, c’est à partir du retour de Barcelone ; mais à partir de 23 ou 24 ans, j’avais commencé à écrire des recueils, à “faire une œuvre”, j’avais dépassé la simple “envie d’écrire” »

Pour devenir auteur

Petit à petit

Il regarde ses œuvres

D’un œil implacable

Il  commence à

Supprimer, raturer, biffer

Il a compris

Que pour créer

Il fallait détruire

Cette rage de détruire

Lui apparaît tout à coup

Comme indissociable de l’acte de création

« J’avais compris ça dans les années précédant Barcelone, à partir de 24 ans, quand j’ai renoncé à mes furieuses velléités narratives pour passer à la poésie. »

« C’est …. À FORCE DE CAVIARDAGE

QU L’ON  DEVIENT ÉCRIVAIN »

« Oui, j’ai formulé ça lors de notre séjour de 1 an et demi (1988-1989)  à Barcelone, le titre du recueil Qu’il soit détruit signifie ça, c’est le deleatur des imprimeurs et aussi cette voie de la “destruction” qui a été heureuse pour moi »

 

Il communique

Il  trouve un éditeur

Qui publie…..

Sans âme, sans passion

« C’est un peu résumé : je suis très reconnaissant à Luc Vidal de m’avoir donné cette chance d’une première publication. Disons qu’il est resté très en retrait sur la diffusion, en un temps où les réseaux sociaux n’existaient pas. Je t’ai dit peut-être que quand j’étais allé le voir à Nantes, dans son école (il était instituteur), j’avais été effaré de ce que j’avais vu dans ce qui devait être le local du Petit-Véhicule, une grande salle de l’école encombrée de cartons de livres. Je m’étais dit, voilà, tout ça pour ça : un carton d’invendus dans une école élémentaire. Par ailleurs, la mise en page du livre était juste correcte, sans guère d’amélioration par rapport au manuscrit Word que j’avais fourni. Catherine avait conçu la couverture avec un ami graphiste, nous avions utilisé un élément végétal ramassé sur une plage marocaine, un “objet personnel”. Au moins, la couverture nous allait. J’ai retrouvé Luc Vidal cette année au Marché de la poésie. Il est toujours aussi enthousiaste, il publie à tours de bras, des bouquins, des revues, je vais lui proposer la suite d’Essaim. Par souci d’économie, il fait maintenant des reliures “à la chinoise”. Nous avons regardé ses livres avec Catherine, il réalise d’assez jolies choses. »

Heureusement

Il  est publié dans une revue :

Mâche Lauriers

« Le Mâche-Laurier : j’ai été pris dans trois numéros, le 15, le 22 et le 25. Revue magnifique et ultra-exigeante, la plus belle qui m’aie pris à ce jour. Un petit point sur les revues. En 1995, deux ans avant la publication d’Essaim, je commence à fréquenter le Marché de la Poésie. La revue Filigranes, assez modeste, me prend une prose d’Essaim. Ensuite, toujours avant 1997, ce sera deux numéros de la revue Bacchanales (davantage de moyens, mais des auteurs inégaux), puis un numéro du Guépard (très belle revue, très exigeante, une première “consécration”). Puis ç’a été la revue Verso (modeste, mais assez exigeante) qui me prend dans deux numéros, toujours en 1996. (Alain Wexler, le revuiste de Verso, me consacrera un numéro spécial, préfacé, en 2000 !) Bref, j’ai été très encouragé par les revues, et ça n’a peut-être pas peu contribué, ne serait-ce que psychologiquement (mais aussi en me crédibilisant aux yeux des éditeurs), à ma première publication de 1997. J’ai continué à publier dans les revues après la parution d’Essaim. C’est même ce qui me perdra (!), puisque quelques années plus tard je vais refuser une nouvelle publication au Petit-Véhicule pour étoffer ma présence dans les revues. C’était une erreur, il y a un énorme trou d’air dans mon “CV de poète”. Plusieurs numéros de Diérèse, de La Grappe. En 2002, je suis pris dans une très belle revue, extrêmement exigeante : Poésie 2002 (annuelle, comme son nom l’indique). Dans les quelques mois qui précèdent la sortie du Beau idéal, en 2012, j’annonce “l’événement” et je propose des extraits à 75 revues. Pas moins ! Je ne sais pas si c’est la crise ou quoi, ou peut-être que le principe de la prépublication leur déplaît. Toujours est-il que je ne vais être pris que dans une seule, Le Moulin de poésie. Pour la suite de la petite histoire, je me suis remis en campagne ces derniers mois. Je ne désespère pas de publier un nouveau bouquin bientôt. »

A côté des textes

D’auteurs qu’il admire

«  D’auteurs admirables que j’ai découverts dans la revue »

 

Le métier d’écrivain

Est semé de

Joies immenses

Et de désillusions

….

Le monde économique

Les regarde souvent

Comme des trublions

L’acte de création

Entre  peu ou prou !

Dans les accords contractuels

 

Alors, Il  a deux vies

 

Une vie  de traducteur

À Courrier international

Qui lui permet de garder un œil sur

La vie vivante

De travailler en équipe

De jongler avec  les langues

De compter sur un revenu fixe

 

Et sa vraie vie …. Écrivain

 

À l’occasion d’une rencontre  avec  Bertrand Joliet

« C’est un très vieil ami, peintre désargenté, fan perpétuel et inconditionnel de mes écrits, qui rêvait depuis toujours de monter une maison d’édition. Il se lance en 2012 avec un bouquin à lui, puis me propose de publier d’abord Le Güero, puis tout le reste. Ce sera la belle aventure d’Act Éditions et du Beau idéal (tome IV du Güero). Hélas, de déménagement dans le Gers en réparations de sa maison, Bertrand, toujours aussi endetté, a laissé dormir (péricliter ?) Act Éditions. Et a même fini par m’inviter lui-même à aller voir ailleurs. »

Et

« Les lettres sont des faits, des fées »

. “Les lettres sont des faits, des fées”, c’est juste un extrait de poème que j’ai placé au fronton de mon site Internet, www.ragasol.fr, qui lui s’appelle La Part belle. Je ne me décidais pas à mettre simplement Olivier Ragasol, poète/poèmes. Je ne m’y décide toujours pas. (La Part belle est le titre du recueil que j’écrivais quand j’ai lancé le site, il y a 3 ou 4 ans. Je n’en suis pas très content : j’ai créé une page Facebook communauté La Part belle pour promouvoir le site, et il se trouve que pas mal de monde s’appelle “La Part belle”, y compris un petit groupe de rock. Il va falloir entamer une mue…)

 Je te précise les choses. Essaim est donc le titre de mon premier recueil publié, aux Éditions du Petit-Véhicule. La Part belle, comme je l’écrivais à l’instant, est le titre d’un recueil encore non publié — et le nom (provisoire) de mon site. »

 

Ces deux livres

Entrent dans la nouvelle ère

« Pas spécialement ces deux livres, tous mes “contenus” dans le cadre du dream-team livres objets avec Catherine. Depuis qu’elle s’est lancée dans le livre-objet, c’est-à-dire depuis 2013 (elle doit s’en expliquer de son côté de l’interview), elle puise dans mes textes. Un vers par-ci, une strophe par-là. »

 

L’ère des livres-objets

Qui marquent  aussi le début de

La collaboration avec CatherineAndré/catandre

Lui les textes, elle les images

Qui a donné lieu à une exposition

Dans la bibliothèque  Hélène-Berr à paris

 « fin 2012. Le Beau idéal est illustré de “peintures, dessins et gravures de Catherine André/Catandre. Elle a exposé ses œuvres dans  cette bibliothèque, et le soir du vernissage je suis venu dédicacer mon bouquin. »

 

 

Et l’ère du numérique

Puisque ils publient ensemble

Leur premier E BOOK « le Beau Idéal »

« Là encore, une précision. Pour continuer à faire vivre (un peu) Act Éditions, Bertrand a publié aussi des livres électroniques (dont les Pieds-Nickelés !). Quand nous nous sommes vus pour cette interview, il venait de convertir le Beau idéal en version e-book. De toute manière, il ne restait plus aucun exemplaire de la première impression. »

 

Les E BOOK seront la suite

« Je suis assez sceptique face à l’e-book et tout ce qui est électronique. Rien ne vaut un livre physique — ce qui est vrai également pour les êtres humains, d’ailleurs, par opposition aux hologrammes (ou aux souvenirs). Quand le Mâche-Laurier s’est mué en revue Secousse sur Internet, pour des raisons budgétaires, je n’ai pas voulu y aller, proposer des textes. J’ai sans doute eu tort… Mais d’un autre côté, qu’est-ce qui reste d’une revue papier, avec le temps ? Des exemplaires qu’on peut feuilleter dans une libraire — ou chez un lecteur, au hasard de sa bibliothèque. Ce n’est pas rien. Dans quelques décennies, on pourra en voir des exemplaires sous vitrine dans une exposition. Pas les toucher, mais au moins les voir, fermés, ouverts. Qui voudra parcourir aujourd’hui ou demain la revue électronique Secousse ? Elle existe, mais si peu… chez un hébergeur Internet… il suffira que le revuiste cesse de payer son abonnement pour que tout soit effacé, je le crains… c’est presque une revue morte-née, quoi. Bref, en t’en parlant, je me dis que j’ai bien fait de ne pas y participer ! »

 

Un collectif texte/image

C’est un beau début

Même idéal….Pour ….

Leur univers à deux voix

À deux sensibilités

À deux présences

Et

« Le projet dans les limbes ?

Celui d’un livre sur le Mexique ce pays d’adoption, objet d’amour ou j’ai des racines flottantes façon palétuvier et plus seulement sur mon enfance mexicaine »

J’ai choisi de tout garder de ce véritable «  roman  auto biographique » car c’est la règle… Mais aussi parce qu’Olivier évoque  au quatrième degré ….Les multiples facettes de nos vies et les interrogations liées à cette époque si particulière  que nous traversons.

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