Hélène

Hélène

Episode 6
21:27

HELENE MARS 2019 GRANVILLE

 

A ma question subsidiaire

« Que voulais tu faire lorsque tu serai  grande.. ! »

Elle répond en riant

Je n’en savais rien

Jusqu’à ce que je rentre au lycée

1963

Elle  ne sait pas encore ce qu’elle veut

Mais elle « tombe dans la bibliothèque »

ET….Lis tous les contes et légendes

Elle devient l’amie de la très sévère bibliothécaire

A 12 ans

Elle voulait être religieuse missionnaire !

S’occuper des enfants noirs

Elle  leur ferait voir des belles choses

Leur donner à voir du beau

En 4°

Elle  apprend le latin, puis le grec Jusqu’en 1°

« On nous explique (dit-elle)

Que les gens qui font latin ou grec ne peuvent suivre qu’une filaire

ENSEIGNEMENT

Parallèlement, Un oncle ; professeur de son métier

Affirmait

« Qu’il s’agit du travail idéal pour une femme,  

car on est en vacance en même temps que les enfants….. ! »

ELLE SE VOIT PLUTOT BIBLIOTHECAIRE

 

Quand elle quitte le lycée

Elle s’inscrit en fac de droit

Elle se voyait JUGE POUR ENFANTS

Elle effectue une première  année

Ratée, elle comprend que ce n’est pas sa voie

Mais elle continue

Ceux qui finissent juges sont les meilleurs

Elle ne sera jamais juge

Reste avocat

Elle réalise alors que la fonction consiste en

Une manipulation de la loi pour servir l’une ou l’autre cause

Elle trouve cela ignoble

Elle aimait juste l’histoire des institutions

Et l’économie politique…

Elle  termine sa seconde  année de façon royale !!!

Puis ….Elle sait qu’elle ne reviendra pas

 

Ce fut les vacances universitaires

Elle expérimente par hasard la vie collective

Dans sa bande d’amis, un moniteur  de colonie de vacances

Fait défaut au dernier moment

Elle n’avait  jamais fait de colonie de vacances

Ni comme colon ni comme monitrice

Mais, elle y va…joyeusement

 

A ce moment charnière

Sa mère a eu un rôle important

Elle avait bien compris que sa fille

Ne suivrait plus ce cursus

Elle se renseigne auprès de l’organisme EPIRES

Qui forme des EDUCATEURS

Hélène  s’inscrit, en  se disant

Qu’elle allait tout rater

Qu’elle  ne serait pas retenue

Son sentiment d’échec était très fort

Et, contre toute attente de sa part

ELLE REUSSIT

Même pas sur liste d’attente !

 

Elle n’avait aucune pratique

Elle avait juste un séjour dans une colonie de vacances

Elle Se demandait si elle saurait faire

Ce fut la REVELATION DE 1972

 

Dès le premier jour

Elle a compris que les études d’éducateurs

Ne ressembleraient ni à  l’école ni  à l’université

Certes, Il y avait des cours magistraux

Mais une prise en considération des apprenants

De ce qu’ils avaient  envie de faire

À ce titre, la semaine « expressions artistiques »

A été le bonheur pour elle

Elle se souvient avoir terminé

La semaine d » expression peinture

En disant « j’ai utilisé plus de peinture que toute ma vie…. ! »

On était juste après 68 …Il y avait des étudiants

Qui disaient

« C’est tout ce qu’on avait demandé en 68 »

Ils avaient  besoin d’échanger sur leur ressenti

Avec les autres de la promotion

Ils se sentaient  libres

Cependant

Cette impression de liberté, était en fait, très cadrée

Ils pouvaient venir ou non au cours

Personne  ne faisait  l’appel

Les lundi matin, un prof distribuait  des plannings

MAIS

Les calculs de présence se faisaient  en off…

A partir des chaises vides.. !

L’exigence était : d’être Hyper responsable de soi

Le discours officiel étant :

« Vous allez être responsables de gamins

Ne vous vous comportez pas comme des ados »

Certains venaient de l’école normale

Ils avaient 20 ans, et rêvaient de liberté, alors parfois…… !

Sur les 3 ans d’études

Il y avait  un an et demi de formation

Et un an et demi de stages

Parfois elle a apprenait par la négative

Parfois elle était plus titrée

Que ses tuteurs de stage !

….Elle marque un temps d’arrêt

Et me dit

« A la fois j’ai le sentiment que le métier

Qui a été le mien

Je l’ai choisi »

25 ou 30 ans plus tard

Une amie lui fait remarquer

« Tu es Educatrice ?  Ça ne m’étonne pas »

A-t-elle été choisie par ce métier ?

Mais

Elle ne s’est jamais sentie dans l’obligation de l’exercer

Lorsqu’elle a passé le concours

Ils étaient 800 il en fallait 50

Mais elle y croyait très fort

Contrairement à certains étudiants

Qui passaient ce concours par défaut

ELLE A REUSSI EVIDEMMENT

Puis

Grace au statut d’étudiant

Elle a obtenu une  bourse mensuelle 500 francs

Elle avait la sensation  d’être riche

Elle n’a plus  demandé d’aide à ses parents

Elle voulait travailler vite pour

Ne  dépendre  de personne

C’était génial

ELLE OBTIENT SON DIPLOME  LE 9 JUIN 1975

ELLE ENTRE DANS LA VIE PROFESSIONNELLE

Elle a  travaillé en internat

Elle a compris très vite une chose

Elle ne voulait pas travailler avec des ados en difficulté

Plutôt de jeunes enfants handicapés mentaux /mongoliens

AINSI

Elle a obtenu un poste  dans un  établissement

Pour jeunes enfants débiles légers /moyens

NB aujourd’hui  on n’utilise plus ces termes, elle le  sait

Elle est restée  un an 1 septembre 1975 au 1 septembre 1976

À Chambon sur Lignon                                                                                          

Elle ne souhaitait pas rester plus dans cet IME (institut médico pédagogique)

Puis

Elle a eu connaissance d’un poste

Qui allait s’ouvrir en pédopsychiatrie

Elle postule courant 1975

Elle avait la spécialisation : expression corporelle

Son ami la spécialisation musique

Elle se présente au grand chef avec son ami/ futur mari !!!!

Leur  candidature  intéressait  le « grand patron » (terme propre au monde hospitalier)

Mais

Il ne voulait pas  de couples mariés

Alors

Ils se sont  mariés 11 jours après !

Avoir été recrutés tous les deux

Le grand patron a été beau joueur

A partir de là ……

ELLE A COMMENCE SON  VRAI JOB A L’HOPITAL

Et  ………dit-elle,

« Elle l’a aimé  Jusqu’au 7 janvier 2007 puis congé maladie et départ réel

Le 1 juillet 2010  mot fin à sa carrière »

 

L’hôpital n’est pas un milieu idyllique

Mais au moins elle  connaissait les défauts par cœur

Quand elle était saturée…elle regardait ailleurs !

Puis  en 1982

Son conjoint a changé de poste

Elle aurait aimé le suivre

Et profiter d’un horaire plus compatible avec une famille

Mais

Elle ne pouvait pas quitter son poste en même temps  que lui

Alors jusque en 1989 elle reste dans le même lieu

Avec l’horaire / internat

Elle fait une grimace explicite !

Elle ne  dit rien, elle accepte

ET EN 1989

On lui  propose  des ateliers périscolaires

Pour « animer la salle d’attente »

ET LA ….C’EST LA BASCULE

SON TRAVAIL EVOLUE

Elle n’est plus éducatrice basique

Elle a une responsabilité en animation artistique

De ce fait

Elle est invitée aux réunions  de synthèse avec les équipes médicales

POURTANT

Elle continue son horaire d’internat

Re grimace

Même  lorsque  certains de ses collègues

Recrutés après elles, bénéficient de l’horaire convoité

Alors elle se rebelle

Elle dit tout net  a son chef « j’en ai ras le bol »

Il répond

« Je n’ai rien à te proposer…..Sauf mon poste 

 Je veux démissionner, c’est le moment de faire une demande par écrit»

Elle fait la démarche,

Le responsable  la convoque à un entretien

Et fin juillet 1989

Elle obtient  un nouveau poste,  assorti de l’horaire 9H/17H

La description du Profil de poste par sa hiérarchie

Est pour le moins …Spéciale

« Je n’en sais rien,  tu verras bien……

A condition que tu fasses des remplacements à l’internat

En attendant que la mayonnaise prenne, et

 ….interdiction  d’en parler aux collègues »

 

Fin juillet 1989 le même  responsable

Explique à l’équipe les modifications de l’organigramme

Mais ne dis rien de l’évolution du poste d’Hélène

Ses collègues s’étonnent de la voir

Prendre de nouvelles fonctions sans explication

Elle répond par une pirouette …….

«  Je n’ai couché avec personne j’ai juste écrit une lettre» !

 

Peu après, son responsable hiérarchique

Lui propose un travail à  Issoire (ville du même département)

Dans un  «  groupe de langage et de parole »

En binôme avec une orthophoniste

Puis très vite  toute seule

D’abord 2 fois par semaine, quelques heures

Puis  3 fois par semaine

EN1991

Intervient un évènement très important pour Hélène

La nomination de Mme D

Phoniatre et psychologue  (école de Winnicott)

Elle devait faire  équipe  avec un psychiatre

Qui reste peu de temps dans le service

Ainsi,  à partir de cette date

Hélène travaille en binôme avec

« Madame D…Cette belle personne… » dit elle

Avec elle, c’est un nouveau métier

Qu’elle appréhende

 LE METIER QU’ELLE A PREFERE

La plus belle aventure de sa carrière

A la fois éducatrice car elle maitrise  le concret

Elle se charge de la partie pratico : artistique dans un atelier

L’organisation était simple et stricte

Deux adultes et deux enfant parfois deux adultes et un enfant

Maximum  3 enfants

 

Avec cette dame  MADAME  D

Qui fût tout au long de leur cheminement commun

Son Maitre à penser

Elle a appris à pousser encore  plus loin

Le volet  thérapeutique  de ses ateliers

Elle lui a donné le droit de penser un peu plus loin un peu plus haut !

Elle lui a montrée la démarche  pour préparer les futurs soins par

« La pré thérapie oralisée »

L’art et l’expression plastique/marionnettes

Elle a eu des moments fantastiques avec ces enfants

Ils lui ont appris beaucoup

Elle se souvient

D’un gamin  au détour d’un conte qui s’exclame

Ah ce n’est pas mon tonton qu’aurait dit ça ….

Voie royale pour la suite psy !

Elle faisait partie intégrante du groupe de thérapeutes

A cette période elle a beaucoup  travaillé sur des textes riches et avec des gens  très divers

Centrés sur la réflexion « psy »

Et elle a beaucoup avancé dans ce groupe

C’était un groupe bienveillant, Il n’y avait pas de jugement

«  On  pouvait même dire qu’ on  ne comprend pas » dit elle

AINSI

ELLE FINIT PAR ETRE RECONNUE ET ….PAYEE COMME THERAPEUTE

Entre1989 et1993 il y eut une période transitoire

Au cours de laquelle les choses se sont mises en place par étapes

D’abord

Elle a continué à assurer   des remplacements à l’internat

En 1990

Elle travaille toujours  Issoire avec l’orthophoniste

NB la description des locaux mérite un détour !

Dans la  salle de gynéco elle passait les diapos

Son  Bureau était  la table d’auscultation

Finalement l’atelier a émigré dans l’appartement de l’instituteur  dans l’école

Elle travaillait  dans la cuisine entre le frigo et la chaudière

Mais elle  ne serait pas allée ailleurs bien

Qu’elle soit aussi responsable !!!! Des divers déménagements  ….

Mais

Elle avait  la paix et accès à un point d’eau pour ses ateliers de peinture

Il y eut encore quelques changements divers

Entre autres des appartements  de ville

Très chics avec moulures et dorures aristocratiques, guère plus commodes…

Enfin en 1993

Son atelier  quitte les appartements de Clermont Ferrand (la ville centre du dispositif)

Pour un local neuf dit « LA VILLA » près du CHU (centre hospitalier universitaire)

ELLE  AVAIT UN BUREAU ET UNE SALLE D’ACTIVITE !

Mais si les conditions de travail étaient « fastueuses » (enfin …normales)

Et suscitent bien des jalousies de la part de ses collègues

Tant que Mme  D  reste la responsable du service

Les choses en restent à de simples tiraillements

 

 

Cependant

Après le départ en  retraite de cette dame  bienveillante et positive

Les relations se tendent

Certains collègues essayent d’ajouter à Hélène

La Charge des enfants d’autres équipes

Aurait-elle pu dans ces conditions

Continuer son travail de création ?…Sans doute non

Vu le rythme des rdv imposés par  ces nouvelles dispositions

La nouvelle hiérarchie poussait ses collègues dans ce sens

Hum hum hum …hum hum

Rien ne ressemblait au fonctionnement serein et créatif de madame D

.

 

AUSSI EN JANVIER   2007

UN JOUR A midi  …Prise de conscience de sa part

« Elle s’est posée la question

Qu’est-ce que je fais là ? J’ai dépassées les bornes je n’en peux plus et je continue…. »

Elle a  décommandé ses rdv ….est rentrée chez elle

Puis

Deux congés maladie de 3 semaines

Et puis

Coup de main d’un  psychologue

Trop c’était trop corps et âme !

 

JUILLET 2007

Un autre souci de santé  nécessite un long congé

A PARTIR DE LA

Son énergie était partie

Son enthousiasme pour son travail  s’était éteint

Elle a compris qu’elle ne reprendra pas ses ateliers

ELLE ETAIT ETEINTE

Elle n’était plus rentable socialement

Elle  n’avait plus d’identité

Elle a traversé une période difficile

Elle avait Honte de dire  le mot «  en arrêt maladie »

On lui renvoyait …. « Tu es en caisse..Si tu ne bosse pas

Tu vis au crochet de la société »

S’ensuit une grande réflexion

Elle essaye

Des petits boulots  mais ça n’aboutissait pas

De s’occuper de  ses parents

Mais ça ne remplis pas une vie

Faire des photos pour elle

Cela lui permettait de prendre l’air

Mais…

Elle pensé se remettre à l’équitation

En faisant du cheval

Elle avait  la sensation d’exister

Elle n’était la femme la fille la sœur la collègue de personne

Elle devait juste tenir sa place sur le cheval

Elle a songé un temps

Se remettre à la danse

.

 « Je me disais tu as été excellente dans ton job

Si tu retournes tu seras mauvaise »

 

Vers les années 2000 2003

Elle était  laminée

Elle était en perte d’identité

Elle ne pouvait plus laisser sa trace

Tout ce qui pouvait la remettre debout

Etait bienvenu, même les toutes petites choses

Comme le sourire d’une caissière

Qui lui rappelait qu’elle existait

 

2007, une amie de Paris…..Moi

Fait diversion dans ce paysage morose

Dans un moment incongru annonce

« Je sais ce que tu vas faire maintenant….

Tu vas faire mes photos »

Elle a compris

Qu’elle a toujours aimé les images

Lorsqu’elle a eu son bac on lui a offert un appareil photo c’était un signe

Pour sortir de cet état de non identité…..

Puis

Elle commence par se remémorer ce qui remettait les enfants debout

Lorsqu’elle imaginait pour eux des ateliers

Jouer au critique d’art

Imaginer des  personnages à partir d’œuvre d’art

Grace aux ateliers

Ils osaient poser une trace

Et voyaient  que ce qu’ils avaient osé était beau

Cela l’a aidé à dépasser l’angoisse de faire mal

Et là

Le mot ART est revenu

Elle a commencé à pratiquer

L’ART DU COLLAGE

Elle retrouvait une identité

Une humanité

Elle posait des couleurs en laissant une trace

Ni  celle des graphistes ni celle des peintres

Les collages étaient  une trace

Elle existait

Mais  dans le même temps

 

LE 11 sept 2008

Elle est convoquée pour vider ses armoires…..

Je regrette de n’avoir rien volé dit elle !!!!!

La surveillante lui signifie

Qu’elle  n’avait  plus de place

Le couperet est tombé

Après une longue période d’errance

Alors

Le médecin

Lui propose  de prendre  sa retraite

Il soutiendrait son  dossier

 

En sept 2009

Elle rédige sa  lettre de demande de retraite…..

Dans son entourage professionnel, il s’est  beaucoup dit de choses

Elle a laissé couler……

 

Elle réfléchit  me propose de formaliser son bilan

« Je n’ai aucun regret de ne pas avoir fait d’enseignement

J’ai regretté de ne pas avoir été plus proche des livres

J’ai touché les livres autrement

Une  bibliothécaire amie  de ma mère

A prêté un jour un livre de poésie qui reste dans mon souvenir

Voici des roses…. !

C’est mon bouquet final… »

 

APRES UN MOMENT D’HESITATION

 

ELLE ME PROPOSE UN RETOUR VERS LES ANNEES 2000

ET DECIDE  D’EVOQUER  UN EPISODE DOULOUREUX

DE SA VIE PROFESSIONNELLE

LE HARCELEMENT MORAL DONT ELLE A ETE LA VICTIME

Exercé sur elle par sa seconde responsable

Cette personne l’avait isolée

Ses collègues qui assistaient

Aux rebuffades

Regardaient fixement leur chaussure

Elle se retrouvait souvent

Seule dans son bureau avec son problème

Et son chagrin

Elle a tenté de demander de l’aide

Au médecin du travail

Qui la dirige vers la

« Cellule  harcèlement »

 

Dans un premier temps

Sa parole a été remise en cause

« Comment ? Cette personne  est si sympathique…. »

 

La gestion par les syndicats  a été évoquée

Sans suite

Le harcèlement est maintenant très bien identifié

Et puni par la loi lorsque les victimes ont encore la force de le dénoncer et de se défendre ces petits coups de griffe qui finissent par de grosses blessures

Il s’agit

Du  désir  pervers de réduire une personne à l’état d’objet

Le harceleur devient un prédateur qui ne pense qu’à recommencer lorsqu’une de ses victimes lui échappe

Beaucoup plus tard

Une autre personne a été victime de cette responsable

Elle a été entendue,

Pour Hélène, n’avoir aucune reconnaissance….

C’est bien  là, le sort réservé à la première

Faciliter pour les suivants ……………………

 

 EPILOGUE

La retraite d’Hélène est devenue effective et apaisée

Elle marque aussi la fin de cet épisode douloureux de harcèlement

Elle remet des images dans sa vie

Elle remet de l’art dans son quotidien

 

Chère Hélène

« La beauté devant toi

Fasses que tu marches »

Proverbe  des indiens navajos

CONTESSE

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Mimi Contesse

Contesse

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