
HELENE MARS 2019 GRANVILLE
A ma question subsidiaire
« Que voulais tu faire lorsque tu serai grande.. ! »
Elle répond en riant
Je n’en savais rien
Jusqu’à ce que je rentre au lycée
1963
Elle ne sait pas encore ce qu’elle veut
Mais elle « tombe dans la bibliothèque »
ET….Lis tous les contes et légendes
Elle devient l’amie de la très sévère bibliothécaire
A 12 ans
Elle voulait être religieuse missionnaire !
S’occuper des enfants noirs
Elle leur ferait voir des belles choses
Leur donner à voir du beau
En 4°
Elle apprend le latin, puis le grec Jusqu’en 1°
« On nous explique (dit-elle)
Que les gens qui font latin ou grec ne peuvent suivre qu’une filaire
ENSEIGNEMENT
Parallèlement, Un oncle ; professeur de son métier
Affirmait
« Qu’il s’agit du travail idéal pour une femme,
car on est en vacance en même temps que les enfants….. ! »
ELLE SE VOIT PLUTOT BIBLIOTHECAIRE
Quand elle quitte le lycée
Elle s’inscrit en fac de droit
Elle se voyait JUGE POUR ENFANTS
Elle effectue une première année
Ratée, elle comprend que ce n’est pas sa voie
Mais elle continue
Ceux qui finissent juges sont les meilleurs
Elle ne sera jamais juge
Reste avocat
Elle réalise alors que la fonction consiste en
Une manipulation de la loi pour servir l’une ou l’autre cause
Elle trouve cela ignoble
Elle aimait juste l’histoire des institutions
Et l’économie politique…
Elle termine sa seconde année de façon royale !!!
Puis ….Elle sait qu’elle ne reviendra pas
Ce fut les vacances universitaires
Elle expérimente par hasard la vie collective
Dans sa bande d’amis, un moniteur de colonie de vacances
Fait défaut au dernier moment
Elle n’avait jamais fait de colonie de vacances
Ni comme colon ni comme monitrice
Mais, elle y va…joyeusement
A ce moment charnière
Sa mère a eu un rôle important
Elle avait bien compris que sa fille
Ne suivrait plus ce cursus
Elle se renseigne auprès de l’organisme EPIRES
Qui forme des EDUCATEURS
Hélène s’inscrit, en se disant
Qu’elle allait tout rater
Qu’elle ne serait pas retenue
Son sentiment d’échec était très fort
Et, contre toute attente de sa part
ELLE REUSSIT
Même pas sur liste d’attente !
Elle n’avait aucune pratique
Elle avait juste un séjour dans une colonie de vacances
Elle Se demandait si elle saurait faire
Ce fut la REVELATION DE 1972
Dès le premier jour
Elle a compris que les études d’éducateurs
Ne ressembleraient ni à l’école ni à l’université
Certes, Il y avait des cours magistraux
Mais une prise en considération des apprenants
De ce qu’ils avaient envie de faire
À ce titre, la semaine « expressions artistiques »
A été le bonheur pour elle
Elle se souvient avoir terminé
La semaine d » expression peinture
En disant « j’ai utilisé plus de peinture que toute ma vie…. ! »
On était juste après 68 …Il y avait des étudiants
Qui disaient
« C’est tout ce qu’on avait demandé en 68 »
Ils avaient besoin d’échanger sur leur ressenti
Avec les autres de la promotion
Ils se sentaient libres
Cependant
Cette impression de liberté, était en fait, très cadrée
Ils pouvaient venir ou non au cours
Personne ne faisait l’appel
Les lundi matin, un prof distribuait des plannings
MAIS
Les calculs de présence se faisaient en off…
A partir des chaises vides.. !
L’exigence était : d’être Hyper responsable de soi
Le discours officiel étant :
« Vous allez être responsables de gamins
Ne vous vous comportez pas comme des ados »
Certains venaient de l’école normale
Ils avaient 20 ans, et rêvaient de liberté, alors parfois…… !
Sur les 3 ans d’études
Il y avait un an et demi de formation
Et un an et demi de stages
Parfois elle a apprenait par la négative
Parfois elle était plus titrée
Que ses tuteurs de stage !
….Elle marque un temps d’arrêt
Et me dit
« A la fois j’ai le sentiment que le métier
Qui a été le mien
Je l’ai choisi »
25 ou 30 ans plus tard
Une amie lui fait remarquer
« Tu es Educatrice ? Ça ne m’étonne pas »
A-t-elle été choisie par ce métier ?
Mais
Elle ne s’est jamais sentie dans l’obligation de l’exercer
Lorsqu’elle a passé le concours
Ils étaient 800 il en fallait 50
Mais elle y croyait très fort
Contrairement à certains étudiants
Qui passaient ce concours par défaut
ELLE A REUSSI EVIDEMMENT
Puis
Grace au statut d’étudiant
Elle a obtenu une bourse mensuelle 500 francs
Elle avait la sensation d’être riche
Elle n’a plus demandé d’aide à ses parents
Elle voulait travailler vite pour
Ne dépendre de personne
C’était génial
ELLE OBTIENT SON DIPLOME LE 9 JUIN 1975
ELLE ENTRE DANS LA VIE PROFESSIONNELLE
Elle a travaillé en internat
Elle a compris très vite une chose
Elle ne voulait pas travailler avec des ados en difficulté
Plutôt de jeunes enfants handicapés mentaux /mongoliens
AINSI
Elle a obtenu un poste dans un établissement
Pour jeunes enfants débiles légers /moyens
NB aujourd’hui on n’utilise plus ces termes, elle le sait
Elle est restée un an 1 septembre 1975 au 1 septembre 1976
À Chambon sur Lignon
Elle ne souhaitait pas rester plus dans cet IME (institut médico pédagogique)
Puis
Elle a eu connaissance d’un poste
Qui allait s’ouvrir en pédopsychiatrie
Elle postule courant 1975
Elle avait la spécialisation : expression corporelle
Son ami la spécialisation musique
Elle se présente au grand chef avec son ami/ futur mari !!!!
Leur candidature intéressait le « grand patron » (terme propre au monde hospitalier)
Mais
Il ne voulait pas de couples mariés
Alors
Ils se sont mariés 11 jours après !
Avoir été recrutés tous les deux
Le grand patron a été beau joueur
A partir de là ……
ELLE A COMMENCE SON VRAI JOB A L’HOPITAL
Et ………dit-elle,
« Elle l’a aimé Jusqu’au 7 janvier 2007 puis congé maladie et départ réel
Le 1 juillet 2010 mot fin à sa carrière »
L’hôpital n’est pas un milieu idyllique
Mais au moins elle connaissait les défauts par cœur
Quand elle était saturée…elle regardait ailleurs !
Puis en 1982
Son conjoint a changé de poste
Elle aurait aimé le suivre
Et profiter d’un horaire plus compatible avec une famille
Mais
Elle ne pouvait pas quitter son poste en même temps que lui
Alors jusque en 1989 elle reste dans le même lieu
Avec l’horaire / internat
Elle fait une grimace explicite !
Elle ne dit rien, elle accepte
ET EN 1989
On lui propose des ateliers périscolaires
Pour « animer la salle d’attente »
ET LA ….C’EST LA BASCULE
SON TRAVAIL EVOLUE
Elle n’est plus éducatrice basique
Elle a une responsabilité en animation artistique
De ce fait
Elle est invitée aux réunions de synthèse avec les équipes médicales
POURTANT
Elle continue son horaire d’internat
Re grimace
Même lorsque certains de ses collègues
Recrutés après elles, bénéficient de l’horaire convoité
Alors elle se rebelle
Elle dit tout net a son chef « j’en ai ras le bol »
Il répond
« Je n’ai rien à te proposer…..Sauf mon poste
Je veux démissionner, c’est le moment de faire une demande par écrit»
Elle fait la démarche,
Le responsable la convoque à un entretien
Et fin juillet 1989
Elle obtient un nouveau poste, assorti de l’horaire 9H/17H
La description du Profil de poste par sa hiérarchie
Est pour le moins …Spéciale
« Je n’en sais rien, tu verras bien……
A condition que tu fasses des remplacements à l’internat
En attendant que la mayonnaise prenne, et
….interdiction d’en parler aux collègues »
Fin juillet 1989 le même responsable
Explique à l’équipe les modifications de l’organigramme
Mais ne dis rien de l’évolution du poste d’Hélène
Ses collègues s’étonnent de la voir
Prendre de nouvelles fonctions sans explication
Elle répond par une pirouette …….
« Je n’ai couché avec personne j’ai juste écrit une lettre» !
Peu après, son responsable hiérarchique
Lui propose un travail à Issoire (ville du même département)
Dans un « groupe de langage et de parole »
En binôme avec une orthophoniste
Puis très vite toute seule
D’abord 2 fois par semaine, quelques heures
Puis 3 fois par semaine
EN1991
Intervient un évènement très important pour Hélène
La nomination de Mme D
Phoniatre et psychologue (école de Winnicott)
Elle devait faire équipe avec un psychiatre
Qui reste peu de temps dans le service
Ainsi, à partir de cette date
Hélène travaille en binôme avec
« Madame D…Cette belle personne… » dit elle
Avec elle, c’est un nouveau métier
Qu’elle appréhende
LE METIER QU’ELLE A PREFERE
La plus belle aventure de sa carrière
A la fois éducatrice car elle maitrise le concret
Elle se charge de la partie pratico : artistique dans un atelier
L’organisation était simple et stricte
Deux adultes et deux enfant parfois deux adultes et un enfant
Maximum 3 enfants
Avec cette dame MADAME D
Qui fût tout au long de leur cheminement commun
Son Maitre à penser
Elle a appris à pousser encore plus loin
Le volet thérapeutique de ses ateliers
Elle lui a donné le droit de penser un peu plus loin un peu plus haut !
Elle lui a montrée la démarche pour préparer les futurs soins par
« La pré thérapie oralisée »
L’art et l’expression plastique/marionnettes
Elle a eu des moments fantastiques avec ces enfants
Ils lui ont appris beaucoup
Elle se souvient
D’un gamin au détour d’un conte qui s’exclame
Ah ce n’est pas mon tonton qu’aurait dit ça ….
Voie royale pour la suite psy !
Elle faisait partie intégrante du groupe de thérapeutes
A cette période elle a beaucoup travaillé sur des textes riches et avec des gens très divers
Centrés sur la réflexion « psy »
Et elle a beaucoup avancé dans ce groupe
C’était un groupe bienveillant, Il n’y avait pas de jugement
« On pouvait même dire qu’ on ne comprend pas » dit elle
AINSI
ELLE FINIT PAR ETRE RECONNUE ET ….PAYEE COMME THERAPEUTE
Entre1989 et1993 il y eut une période transitoire
Au cours de laquelle les choses se sont mises en place par étapes
D’abord
Elle a continué à assurer des remplacements à l’internat
En 1990
Elle travaille toujours Issoire avec l’orthophoniste
NB la description des locaux mérite un détour !
Dans la salle de gynéco elle passait les diapos
Son Bureau était la table d’auscultation
Finalement l’atelier a émigré dans l’appartement de l’instituteur dans l’école
Elle travaillait dans la cuisine entre le frigo et la chaudière
Mais elle ne serait pas allée ailleurs bien
Qu’elle soit aussi responsable !!!! Des divers déménagements ….
Mais
Elle avait la paix et accès à un point d’eau pour ses ateliers de peinture
Il y eut encore quelques changements divers
Entre autres des appartements de ville
Très chics avec moulures et dorures aristocratiques, guère plus commodes…
Enfin en 1993
Son atelier quitte les appartements de Clermont Ferrand (la ville centre du dispositif)
Pour un local neuf dit « LA VILLA » près du CHU (centre hospitalier universitaire)
ELLE AVAIT UN BUREAU ET UNE SALLE D’ACTIVITE !
Mais si les conditions de travail étaient « fastueuses » (enfin …normales)
Et suscitent bien des jalousies de la part de ses collègues
Tant que Mme D reste la responsable du service
Les choses en restent à de simples tiraillements
Cependant
Après le départ en retraite de cette dame bienveillante et positive
Les relations se tendent
Certains collègues essayent d’ajouter à Hélène
La Charge des enfants d’autres équipes
Aurait-elle pu dans ces conditions
Continuer son travail de création ?…Sans doute non
Vu le rythme des rdv imposés par ces nouvelles dispositions
La nouvelle hiérarchie poussait ses collègues dans ce sens
Hum hum hum …hum hum
Rien ne ressemblait au fonctionnement serein et créatif de madame D
.
AUSSI EN JANVIER 2007
UN JOUR A midi …Prise de conscience de sa part
« Elle s’est posée la question
Qu’est-ce que je fais là ? J’ai dépassées les bornes je n’en peux plus et je continue…. »
Elle a décommandé ses rdv ….est rentrée chez elle
Puis
Deux congés maladie de 3 semaines
Et puis
Coup de main d’un psychologue
Trop c’était trop corps et âme !
JUILLET 2007
Un autre souci de santé nécessite un long congé
A PARTIR DE LA
Son énergie était partie
Son enthousiasme pour son travail s’était éteint
Elle a compris qu’elle ne reprendra pas ses ateliers
ELLE ETAIT ETEINTE
Elle n’était plus rentable socialement
Elle n’avait plus d’identité
Elle a traversé une période difficile
Elle avait Honte de dire le mot « en arrêt maladie »
On lui renvoyait …. « Tu es en caisse..Si tu ne bosse pas
Tu vis au crochet de la société »
S’ensuit une grande réflexion
Elle essaye
Des petits boulots mais ça n’aboutissait pas
De s’occuper de ses parents
Mais ça ne remplis pas une vie
Faire des photos pour elle
Cela lui permettait de prendre l’air
Mais…
Elle pensé se remettre à l’équitation
En faisant du cheval
Elle avait la sensation d’exister
Elle n’était la femme la fille la sœur la collègue de personne
Elle devait juste tenir sa place sur le cheval
Elle a songé un temps
Se remettre à la danse
.
« Je me disais tu as été excellente dans ton job
Si tu retournes tu seras mauvaise »
Vers les années 2000 2003
Elle était laminée
Elle était en perte d’identité
Elle ne pouvait plus laisser sa trace
Tout ce qui pouvait la remettre debout
Etait bienvenu, même les toutes petites choses
Comme le sourire d’une caissière
Qui lui rappelait qu’elle existait
2007, une amie de Paris…..Moi
Fait diversion dans ce paysage morose
Dans un moment incongru annonce
« Je sais ce que tu vas faire maintenant….
Tu vas faire mes photos »
Elle a compris
Qu’elle a toujours aimé les images
Lorsqu’elle a eu son bac on lui a offert un appareil photo c’était un signe
Pour sortir de cet état de non identité…..
Puis
Elle commence par se remémorer ce qui remettait les enfants debout
Lorsqu’elle imaginait pour eux des ateliers
Jouer au critique d’art
Imaginer des personnages à partir d’œuvre d’art
Grace aux ateliers
Ils osaient poser une trace
Et voyaient que ce qu’ils avaient osé était beau
Cela l’a aidé à dépasser l’angoisse de faire mal
Et là
Le mot ART est revenu
Elle a commencé à pratiquer
L’ART DU COLLAGE
Elle retrouvait une identité
Une humanité
Elle posait des couleurs en laissant une trace
Ni celle des graphistes ni celle des peintres
Les collages étaient une trace
Elle existait
Mais dans le même temps
LE 11 sept 2008
Elle est convoquée pour vider ses armoires…..
Je regrette de n’avoir rien volé dit elle !!!!!
La surveillante lui signifie
Qu’elle n’avait plus de place
Le couperet est tombé
Après une longue période d’errance
Alors
Le médecin
Lui propose de prendre sa retraite
Il soutiendrait son dossier
En sept 2009
Elle rédige sa lettre de demande de retraite…..
Dans son entourage professionnel, il s’est beaucoup dit de choses
Elle a laissé couler……
Elle réfléchit me propose de formaliser son bilan
« Je n’ai aucun regret de ne pas avoir fait d’enseignement
J’ai regretté de ne pas avoir été plus proche des livres
J’ai touché les livres autrement
Une bibliothécaire amie de ma mère
A prêté un jour un livre de poésie qui reste dans mon souvenir
Voici des roses…. !
C’est mon bouquet final… »
APRES UN MOMENT D’HESITATION
ELLE ME PROPOSE UN RETOUR VERS LES ANNEES 2000
ET DECIDE D’EVOQUER UN EPISODE DOULOUREUX
DE SA VIE PROFESSIONNELLE
LE HARCELEMENT MORAL DONT ELLE A ETE LA VICTIME
Exercé sur elle par sa seconde responsable
Cette personne l’avait isolée
Ses collègues qui assistaient
Aux rebuffades
Regardaient fixement leur chaussure
Elle se retrouvait souvent
Seule dans son bureau avec son problème
Et son chagrin
Elle a tenté de demander de l’aide
Au médecin du travail
Qui la dirige vers la
« Cellule harcèlement »
Dans un premier temps
Sa parole a été remise en cause
« Comment ? Cette personne est si sympathique…. »
La gestion par les syndicats a été évoquée
Sans suite
Le harcèlement est maintenant très bien identifié
Et puni par la loi lorsque les victimes ont encore la force de le dénoncer et de se défendre ces petits coups de griffe qui finissent par de grosses blessures
Il s’agit
Du désir pervers de réduire une personne à l’état d’objet
Le harceleur devient un prédateur qui ne pense qu’à recommencer lorsqu’une de ses victimes lui échappe
Beaucoup plus tard
Une autre personne a été victime de cette responsable
Elle a été entendue,
Pour Hélène, n’avoir aucune reconnaissance….
C’est bien là, le sort réservé à la première
Faciliter pour les suivants ……………………
EPILOGUE
La retraite d’Hélène est devenue effective et apaisée
Elle marque aussi la fin de cet épisode douloureux de harcèlement
Elle remet des images dans sa vie
Elle remet de l’art dans son quotidien
Chère Hélène
« La beauté devant toi
Fasses que tu marches »
Proverbe des indiens navajos
CONTESSE
Listen on:
Meet your hosts:

Mimi Contesse
Contesse