Florent

Florent

Episode 17
18:01

FLORENT MAI 2020 CONFINE

Quand il était petit

Il voulait être vétérinaire en Afrique

« Suite à une série TV DAKTARI, je me souviens du nom du vieux lion blessé (aveugle) Clarence et de la guenon Judith mais j’ai oublié les noms des gens … ! C’était une série en noir et blanc (ou c’était juste la télé qui était en noir et blanc) que j’adorais

Lorsque j’étais gamin » dit-il

MAIS

Il n’avait pas vraiment de projets pour son futur

Il ne voulait pas être médecin comme sa mère

Il a passé son enfance à jouer

 « Je jouais avec une poupée big Jim (et ses copains, big Joe aux cheveux blancs, Big Jack qui était noir) un garçon aventurier costaud musclé mais non guerrier comme ceux de la génération suivante (GI Joe). » Dit-il

 

L’école s’est passée sans évènement particulier

Si ce n’est qu’il a beaucoup aimé de l’école… les relations sociales

La cantine (les verres avec un numéro au fond) les récréations les jeux avec les copains, les grandes parties de gendarmes et voleurs, de ballon prisonnier, de billes et surtout de foot où tous les midis il était, avec ses potes, l’équipe des « verts » de Saint-Etienne.

« A l’époque j’étais Ivan Curkovic, le gardien de but de Saint-Etienne, les frères Dhotte étaient les frères Revelli, un autre dont le nom m’échappe était Rocheteau… c’était toujours la même équipe et on gagnait tout le temps, comme Saint Etienne, dans mon souvenir. Mais je ne me souviens pas des adversaires, ce qui était important c’était la bande de copains »

 

Au collège

Il a trouvé cette période très dure

Moins pour lui, car il naviguait assez bien (aujourd’hui on dirait « populaire »)

Mais pour un de ses amis habitant le même immeuble qu’il avait habité dans la Cité des « Creusettes »

Qui était à la fois très aimé des filles et qui était très efféminé. Il « sortait » avec les plus belles filles, était entouré d’une nuée de filles chouettes et attisait évidemment la rancœur des petits mecs arrogants et laborieux.

Alors, il était très bousculé, provoqué, agressé même par les garçons du type « Caïds »

C’était des relations du « vieux monde… », les filles, les garçons dans leurs rôles

« Les garçons pensaient devoir s’afficher comme des durs

Et pensaient que pour être « intégré » il fallait avoir « couché » même si mon enquête de l’époque donnait une proportion « d’intégré »s très minime !!!»dit-il

 

Le lycée fut à l’inverse une période très heureuse

Expurgée de cette violence adolescente et sociologique. Sans doute moins de mixité sociale qu’au collège, avec les enfants des quartiers pavillonnaires, assez modestes, ouvriers (de la SNR, par exemple) et employés, notamment les enfants 2ème génération d’immigrés italiens, ceux des deux quartiers plus sociaux avec les enfants d’immigrés magrébins et puis, les enfants de cadres, comme lui).

Mais ce n’était pas dans le lycée bourgeois d’Annecy. Les plus modestes étaient plutôt ceux de la campagne environnante, les fils et filles d’agriculteurs, par exemple, « les hauts savoyards et fiers de l’être »

 

Les garçons et les filles avaient des relations plus douces plus paisibles, dans l’amitié mêlée de séduction. Tout le monde recherchait sa bande, mais ce n’était plus des bandes refermées et hargneuses vis-à-vis des autres. Chaque bande avait son café. Lui c’était « chez Monique », café pourri avec arrière salle où on jouait aux cartes et passait son temps de sèche avec un galopin de limonade ou de bière. 

PUIS

Il a dû recommencer sa première (consacrée aux « copains » ce qui lui a donnée

Une année de plus pour « s’intéresser avec détermination aux filles », faire une bonne 2ème 1ère et une bonne terminale et réfléchir à ses choix

 

« Je devais être perturbant pour les enseignants cat j’utilisais ce que disait l’adulte pour faire rire la galerie…et lorsque j’étais interpelé…je pouvais répéter exactement (exactement il ne  faut pas exagérer, mais assez précisément) ce qui venait de se dire car je suivais très attentivement pour…détourner…. même invité à être devant je continuais à perturber!! » dit-il

 

Lui souhaitait SCIENCES/ PO……Ses parents prépa HEC, école de commerce, pour le mettre à l’abri…

 

 

« À cette époque j’ai rencontré le prof qui m’a le plus marqué…  il enseignait l’histoire il était passionnant et… bousculait ses élèves, avait des manières d’ours, attendait qu’on lui rentre dedans (mais t’avais intérêt à être solide sur tes arguments)… détestait les faux semblants …les masques (même de carnaval !). Un homme remarquable que j’ai continué à voir pendant des années après le Bac.

Il avait un sens du systémique pour mieux revenir au particulier. Il m’a aidé à structurer ma pensé

Il pensait que science po c’était mon truc, que ça me permettrait de m’épanouir, mais…. »

 

Comme ses parents étaient prêts à lui financer une prépa éco (à l’époque on disait prépa-HEC même si presque personne, bien sûr n’allait à HEC)

Que l’école /privée coutait très cher (30000 francs de mémoire)

Qu’ils faisaient ce gros investissement pour lui, son avenir

Il s’est senti un peu obligé de choisir la prépa pour faire honneur à ses parents

Et la Prépa au « prestigieux » Cours Pascal à Lyon (enfin dans les milieux tout pourris de la bourgeoisie lyonnaise où les gamins n’en foutent pas une rame mais ont toujours une solution pour se récupérer).

Ce fut une effroyable année sur beaucoup de plans

Surtout sur le plan des relations sociales… déprime (loin de sa chérie qui était à Grenoble)

« Les étudiants étaient… Des enfants gâtés qui n’avaient pas vraiment envie d’étudier » dit-il

Heureusement il était hébergé chez sa grand-mère (« Mémé »)… beaucoup d’échanges, sur sa vie à elle, depuis l’enfance dans la campagne savoyarde, jusqu’à Lyon en passant par Paris (Ecole Pigier, grands magasins)

Il fréquentait beaucoup les cinémas arts et essai qui ont  d’ailleurs parfait sa culture ciné.

              

En fin d’année de prépa

Il avait de mauvais résultats qui confirmaient

Que sa place était…… A  SCIENCE PO

AINSI

Il s’est inscrit en sciences po à Grenoble

Le système d’inscription était intéressant

Il suffisait d’avoir le bac pour pouvoir tenter l’entrée

Un séminaire en septembre où on donnait trois livres

Les étudiants avaient 15 jours

Et quelques conférences de méthodologie

Puis on passait un examen en 3 épreuves

Le résultat était

Soit oui c’est un honneur pour nous de vous recevoir

Soit on pense que vous devriez vous orienter autrement mais vous pouvez tenter de rester (vous allez vous planter certainement, mais bon…)

Soit refus de votre candidature

Ce système de sélection permettait une grande diversité de recrutement

Tout à fait inverse à la logique élitiste de la prépa…

Il a beaucoup aimé cette période

Ils rêvaient demain et n’oubliaient pas de faire des fêtes

Il y avait de grands débats politiques entre les étudiants

Il y avait un vent de confrontation avec les professeurs très fructueux

Il dit « j’ai eu l’occasion de discuter plus tard avec un de mes profs.il se plaignait que les

Étudiants étaient devenus lisses …il n’y a plus de ces débats, de confrontations, que des bons élèves scolaires »

Il a eu la chance d’être

Dans un cursus hors compétition

« La politique économique et sociale »

Il dit « c’était des années d’études dans une bonne ambiance nous étions deux garçons deux filles nous avons travaillés ensembles, révisés ensemble dans la maison de mes parents et

Nous avons tous réussi… L’une a fait de l’humanitaire, un autre est devenu principal de collège, la troisième responsable d’un service social dans une mairie…»

 

C’était aussi le temps de la première expérience amoureuse, de vie en couple (6 ans en comptant les années lycées… pas rien à cet âge… on était « le couple », un point de repère et d’horizon pour les copains et copines qui cherchaient encore une relation stable)

Puis

Rupture radicale avec la vie d’étudiant

 

Le service Militaire

Le souvenir qu’il a de la période dite « les classes » est l’ennui le froid de décembre

Les complications de trajets pour les permissions

Il avait demandé un poste en coopération (sans passion, ni vrai désir, juste échapper au service militaire)

Ou l’armée de l’air ou le journalisme i

Il a été affecté dans une base de l’armée de l’air à Chartres

Les classes, au passage, ont noyé dans l’œuf une passion amoureuse naissante et impossible à vivre (« les classes ça te vide, tu n’as rien à échanger, tu es loin, c’est l’hiver, c’est la mort de l’amour »)

 

MAIS

En fonction des diplômes, les jeunes recrues étaient ou non mutées à Paris

Commence pour lui une fonction de militaire

Qui ne manque pas d’humour

Et surtout de commodités pour un jeune homme avide de connaitre Paris

 

Il était « chargé de l’hôtellerie de la base aérienne verticale de Balard »

Tel était le commentaire du gradé qui les a accueillis

Son travail consistait

A gérer les questions de draps de ménage des chambres, de clefs

D’enregistrement des noms et grades du paiement des chambres

Pour cela il avait un studio et hors de ses périodes de garde

Il pouvait vagabonder dans Paris avec ses compagnons d’infortune

« Il se souvient de moments jubilatoires (« ok un peu co** mais on a peu d’occasions de rire en caserne ») pour un militaire de base qui pouvait exiger qu’un haut gradé en visite à l’Etat-major laissent ses papiers et paie sa chambre… »

Pendant cet épisode militaire

Il a traversé l’ennui du moment en construisant une forte amitié (un colosse de 2m04, « l’homme le plus doux et les plus silencieux que je n’ai jamais rencontré ») qui lui a ouvert d’autres cercles, d’autres familles, avec des amis qui sont parmi les plus proches aujourd’hui.

Puis le service militaire termine

 

Il obtient un contrat de 6 mois dans une « Mission Locale » à Cergy-Pontoise

Il devait créer des outils d’observation des publics de cet organisme

Il était hébergé à Cergy chez son frère et sa femme

Joséphine une pétulante africaine

NB  (à défaut d’un poste en coopération l’Afrique s’invite dans son quotidien.)

 

Pendant cette période il sortait beaucoup

Dépensait joyeusement ses premiers salaires

« Je me souviens m’être acheté 23 disques en une semaine et mon premier clavier » dit-il

Il s’essayait à la musique… composer, écrire les paroles, jouer, enregistrer sur un 4 pistes

Il est resté près d’une année au chômage entre Cergy et chez ses parents

PUIS

Il a trouvé un travail à Paris

Dans une entreprise de conseil (Bernard Julhiet Conseil)                          

Il déménage à Paris

Il logeait chez différents amis et connaissances, des parties de semaine, le sac toujours dans la voiture

Il fait des études sur les schémas de formation

Et les parcours professionnels pour les missions locales

En Bourgogne, Picardie, champagne Ardennes

Il trouve cela très intéressant sur le plan politique

Mais pas facile à mener…… !

Il retrouve l’amour

« C’est dans cette période que J’emménage à Paris avec Blanche

2 ans avant la naissance de notre premier enfant, on a pas trainé » dit-il

PUIS

Son collègue (celui qui l’a recruté) le met en contact avec son employeur suivant

L’Institut de formation à l’animation adossé à la confédération des MJC

Pour lequel il a fait de la formation, de la conduite de projets européens de formation, du conseil stratégique pour la confédération.

ET cela pendant 8 années. Encore une grande complicité et amitié qui nait dans la relation de travail avec son chef

Puis lorsqu’un nouveau boss est arrivé

Il n’a pas reproduit le schéma stimulant de l’ancienne équipe

Il quitte les MJC

Il retrouve un poste à Paris

Pour une entreprise lyonnaise de conseil

Pendant une année, il assure  des missions courtes d’appui pour des associations

MAIS

La direction fonctionnait sur le modèle

« Pression stress flicage » dit il

Il cherche un autre travail

ET

Situation étonnante et drôle

L’entretien qui lui est proposé suite à une annonce « Télérama » à laquelle il a répondu

Il se trouve en présence d’un consultant avec qui il partageait les locaux à Paris !

Situation un peu stressante pour lui

Mais qui se termine bien, grâce à cette interface d’ailleurs…

Il est recruté en 2008 à L UNHAJ (union nationale pour l’habitat des jeunes)

Il fait de l’animation de réseau auprès des adhérents du réseau, des unions régionales, pilote des grands programmes de développement de l’union

Depuis 13 ans

Beau projet, belle équipe mais, « ces deux dernières années sont une période un peu morose » dit il

Les typologies d’organisation changent

La gouvernance change

 

MAIS

Quel intérêt trouve-t-il encore ?

Le confinement exacerbe cette réflexion

Quelle sera la suite ?

Pour le moment il ne voit pas

Est-ce sagesse ou manque de vision du futur ?

La seule chose dont il est sûr….C’est ce qu’il ne veut pas faire ?????

Entre sagesse et témérité…Entre contingence économique et désir ce changement. Il réfléchit

 

C’est certain Florent

Le dé confinement est un moment propice pour tous  de refaire son monde avec espoir et détermination !!!!!!

CONTESSE MASQUEE

 

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Contesse

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