
CLAIRE VALENCE AOUT 2017
Toute petite fille
Elle voulait
Etre vendeuse dans une charcuterie
Drôle de rêve énoncé en riant aux éclats
Pourquoi ?
Pour Faire des petits paquets
Des emballages esthétiques
Elle n’est pourtant pas japonaise de souche !
Elle avoue ne pas avoir encore réussi à réaliser
Ce désir, très Professionnel : le packaging
En attendant elle souhaitait juste
Etre reconnue par des adultes
Hors de sa famille
Et elle a bien failli par hasard
Entamer une carrière
De détective …à 8 ans !
En lisant dans la page locale d’un journal
La disparition du fils de sa prof de danse
Elle a décidé de le retrouver ….
Elle connaissait la ville parfaitement
Elle l’a vu « trainer » autour du port
Elle est rentrée chez elle
A appelé la police
Qui a cueilli le fugueur
La prof de danse a offert un transistor à Claire
Et un pot de fleur a ses parents
Mais surtout
Le commissaire l’a convoquée
Pour la féliciter et lui suggérer
Qu’elle pourrait devenir policière
Lorsqu’elle serait grande
Entre charcutière et policière ;…..
Il n’y a qu’un pas !
Mais
Elle n’est pas devenue policière
Le côté sanction punition et raideur
Ne lui convenait pas
Et puis
Les déménagements fréquents
Son père en déplacement ou sur les bateaux
Sa mère qui chavirait
Elle s’est retrouvée coincée
Entre trois choix de scolarité
Lycée pro, chaussure, secrétariat, ou menuiserie
Elle qui rêvait de théâtre
Et qui imaginait des sketches dans les toilettes
Pour faire rire les élèves de sa classe
Elle a choisi la menuiserie
Comme il n’y avait que des garçons
Elle avait une chance ….
Et puis elle aimait l’odeur du bois
Et le toucher de cet élément noble
Et même elle portait un bleu de travail, vert
Contrairement à ceux des garçons : des bleus/ bleus !
Elle se singularisait
Etait la star théâtrale dont elle rêvait
Bien que ce soit très physique
Elle créait des petits objets
Pour apprendre, c’était agréable
Mais elle savait que plus tard
Ce serait dans l’industrie
Des portes des fenêtres etc.
Et il y a eu l’accident
Elle était fatiguée
Elle avait fait la fête
Le prof disait toujours
« Accroche tes cheveux »
………
La mortaiseuse verticale
Lui a arraché une grosse touffe de cheveux
Depuis ce jour elle a eu peur des machines
En même temps
Elle a dû suivre ses parents
Qui déménageaient….Encore
Elle n’a pas eu le choix
Sa mère l’a inscrite
Dans un lycée pro /section menuiserie
Elle n’a pas réussi à s’intégrer
Il y avait une violence latente de la part des profs et des élèves
Elle a abandonné au bout de quatre mois
…….Elle n’est pas devenue charcutière ni policière ni menuisière !!!!
Elle restait dans l’appartement sans projet
Le côté avenir professionnel lui semblait …Un sujet exotique
Elle faisait du ménage de manière obsessionnelle
Et rêvait toujours de faire du théâtre
Ses parents ont refusé car les cours étaient trop chers
Après ses 18 ANS
Elle s’est installée avec son ami
Hébergée provisoirement dans sa famille
Car
Elle avait décidé de se « mettre dans la vraie vie »
Elle a fait un stage qui a été le moteur de la suite
Dans un bel endroit avec des jeunes des vieux
Dans le même « no man’s land » qu’elle-même
Très vite en suivant,
Elle a trouvé un travail pour 6 mois
Animatrice menuiserie
Pour des jeunes de 6/8 ans dans une MPT de quartier sensible
Elle entrait dans le monde du travail
Elle avait 18 ans elle était TUC
Elle gagnait 500F (lorsqu’ils n’oubliaient pas de leur verser !)
Elle a beaucoup aimé ce quartier
Mais elle ne se sentait pas assez solide
Pour encadrer des grands
Le monde des tout-petits la tentaient
Elle a fait une première approche
En qualité de TUC
Mais
Elle a eu son plus grand coup de cœur
De toute sa vie professionnelle
Dans le CLAE
Elle se sentait à sa place
Elle avait juste le minimum de formation
Mais cela fonctionnait
Elle est restée 25 ANS….Elle a fait des formations autour de l’action éducative
Non diplomantes…..Hélas
PUIS
Elle a quitté ……Encore quitté…Poussée par les vents contraires
Sans pouvoir dire au revoir avec le sourire et les petits fours
Soupir
Elle a dû demander sa mutation
Pour raison de santé et raison professionnelle
Le CLAE se désengageait de sa fonction culturelle
Elle était fonctionnaire, elle a demandé un autre poste
Selon trois souhaits, accueil humain culture
Et temps partiel obligatoire compte tenu de son potentiel/santé
Elle s’est donné un défi : postuler au service état civil
Défi presque réussi car le refus n’était pas sur la compétence
Mais sur la nécessité d’un temps complet
Le mois qui a suivi
A été pour elle un moment des plus délicieux
Elle était…Médiatrice dans une exposition
« Les femmes dans le génocide arménien »…Le sujet était grave violent
Mais, les temps de présence dans ce beau lieu
Etaient très souvent pleins de rencontres de gens meurtris mais passionnants
Dans le même temps, dehors, dans la courette
Se succédaient les adolescents drogues gamins de la rue…
Mais
Elle savait gérer ce petit monde et éviter les frictions, les conflits
L’accueil c’est son point fort
Elle a fait ailleurs et autrement …Ses « humanités »
PUIS
Encore quitter encore partir encore chagrin
Encore se ré inventer
Les six mois suivants
Elle intervenait
Dans un centre de santé pour jeunes adultes
Ce fut une confrontation
Avec le logiciel très particulier / des fiches
Et si l’équipe était très bienveillante à son égard
Le médecin la regardait comme une stagiaire hors d’âge
Heureusement il y avait le public à accueillir
Les relations humaines avec ces jeunes « en galère »
Et l’équipe du secrétariat
Au bout de son CDD
Même refrain
Elle a dû partir, quitter, avec son lot de chagrins
Cette fois
Changement radical encore une fois
Elle travaille
Au garage de la ville
Un univers d’hommes
L’accueil les relations avec le public elle connait
Elle se débrouille plutôt bien et très vite
Pour les logiciels de facturation, c’est plus compliqué pour elle
Mais sa collègue est bienveillante et essaie de lui communiquer les rituels administratifs
Et petit à petit, elle acquière la pratique courante de logiciels nouveaux
Elle avoue….« Certains jours c’est compliqué d’aller bosser »
Mais ses compétences relationnelles remettent en positif ce qui pourrait me faire basculer
Elle lorgne toujours du coin de l’œil les postes au musée et au théâtre
Son immense regret…. ?
Ne pas avoir fait de la scène.
Entre tes désirs d’enfance : charcutière, policière, menuisière !
Tu as réussi à devenir, éducatrice, médiatrice, domptrice de logiciel ..Ta scène ….C’est le monde, les gens que tu croises dans chacun de tes métiers… Ta scène ? C’est tes humanités …Le monde à venir, a besoin d’humains capables de se remettre en question et de s’adapter en permanence…….Le vent te portera….Et…Telle une dédicace rien que pour toi… ! Ce texte lu dans le métro hier,
« Comme un grain de poussière j’ai dansé, balloté au gré du vent et Je me suis retrouvé….Comme un grain de lumière .. »
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Mimi Contesse
Contesse