
NICOLE BOURG EN BRESSE MARS 2018
Lorsqu’elle était petite
Elle voulait être
« Bonne de café »
Car, de la fenêtre
De l ‘appartement de ses parents
Elle voyait un café
Des gens en terrasse
Qui avaient l’air heureux
Et la serveuse
Etait visible de tous
Etait même le personnage central
Souriante, apprécié …
Rêveuse elle enchaine
« J’ai détesté l’école
J’avais peur des maitresses
Et de ce fait
Je ne comprenais jamais rien »
LES SEULS MOMENTS
OU ELLE SE SENTAIT RECONNUE
C’ETAIT DANS LA COUR
ET /OU EN GYMNASTIQUE
Elle était souple
Et courrait très vite….
Elle s’intégrait aux groupes
Alors que
Dans la classe
Etant parmi les plus mauvaises
Elle se sentait souvent
HUMILIEE
MAIS
LE PIRE DE L’HUMILIATION
Etait que ses propres parents
Admettaient qu’elle n’était pas bonne
Comme s’il s’agissait d’une malédiction
Liée à son incapacité supposée
DE FAIRE DES EFFORTS
Elle est passée de justesse
En 6° au collège
Ses parents ont insisté
Elle a essayé de faire des efforts
Mais
Sans résultat
Elle a entendu des profs
Donner un diagnostique
Sans appel
ELLE A DES LACUNES…..
ELLE RETOMBAIT DANS LE MEME TROU
PUIS
Lors du passage en 3°
Les profs ont proposé
La filière la plus dégradante
Selon elle….
CAP COUTURE
« MES PARENTS N’ONT PAS PROTESTE
C’ETAIT EXTREMEMENT DOULOUREUX
L’HUMILIATION ETAIT A SON COMBLE »
Dit-elle
Elle est l’exact portrait
Des bugs de l’éducation nationale
Quel gâchis d’intelligence et de créativité !
Elle a été victime des comportements
Validés dans ce temps là
Ou est-ce encore à ce jour
Possible ?????????????????
Cette filière ne l’intéressait pas du tout
Elle a cependant passé deux CAP
Pendant ces années
Elle était plutôt dans les
Bonnes élèves
Elle venait des filières générales
Elle avait une amie
Comme elle en « section des ratés »
Elles se tenaient chaud
A cette période
Vers ses 15 ans
Elle a participé
A des championnats
De course à pied
En dehors du collège
Elle était excellente en sport
Elle a même été
CHAMPIONNE DEPARTEMENTALE
Mais
C’était peu reconnu par l’école et la famille
Et, elle n’aimait pas l’ambiance
Peu « fair play »
Elle s’est disputée avec le prof
Il voulait absolument qu’elle continue
Il a convoqués ses parents
Mais elle savait bien que cela ne servirait à rien
Dans sa famille
Seuls les maths et le français étaient reconnus
Le reste n’était que disciplines subalternes
De bas niveau
PUIS
Ses parents ont déménagés à Annecy
Pas question de s’arrêter
MAIS
SON PERE N’A PAS EU LE TEMPS
DE FAIRE SON INSCRIPTION
DANS LE LYCEE
EN SECTION « INDUSTRIELLE »
Qui correspondait au bac pro actuel
Sa sœur l’a accompagnée
La directrice les reçoit
Devant la porte
Et refuse de l’inscrire
……
Son père, prends un moment de congé
Immédiatement
Et la directrice
L’inscrit tout de suite
« Entre fonctionnaire on se soutient »
Son père était fonctionnaire EDF
Dans ce lycée il y avait des options diverses
Elle a découvert le dessin et les arts plastiques
Cela lui plaisait bien
Elle était plutôt en réussite
Elle suivait aussi des cours
D’étalage et de vente
Elle a fait des stages dans des magasins
Elle retrouvait une autre voie
Pour son désir d’enfance
De vendeuse à serveuse
Il n’y avait qu’un pas…de porte !
A la fin de son cursus
Elle a souhaité faire
Une école d’étalage en suisse
Son père était d’accord
Elle allait rattraper son retard
En reconnaissance de soi
MAIS
Elle a rencontré au mariage de sa sœur
Celui qu’elle épousera un an plus tard
Adieu Suisse école étalage…. !
Elle est partie le rejoindre à Clermont Ferrand
Il y eut un temps de petits boulots
Standardiste a casino …
PUIS
Une opportunité
Liée au réseau de son mari
Elle postule dans un CAT (centre d’aide par le travail)
Qui s’ouvrait dans sa région
Elle est recrutée en qualité de
MONITRICE D’ATELIER D’ADULTES HANDICAPES
EDUCATRICE PREMIER ECHELON
Grâce à son niveau d’études générales et
A son BAFA (animation de centre de loisirs)
ELLE EST RESTEE 7 ANS
PUIS
Elle est contaminée par un résident
Elle contracte la tuberculose
Le médecin lui conseille la campagne
Pour son retour à l’emploi
Et
Le directeur du CAT
Recrute des éducateurs
Pour un établissement d’enfants
Handicapés mentaux
A la campagne
Elle obtient le poste
D’éducatrice pour les adolescents
Avec l’obligation d’effectuer
En cours d’emploi
La formation d’éducatrice spécialisée
Option technique
Dont elle justifiait l’expertise
Par son emploi précédent
ELLE REUSSIT BRILLAMENT
Son mémoire avait pour titre
« Je voudrais bien, mais maman ne veut pas »
Elle reprend son travail
Le même travail
Mais mieux payé !!
ELLE RESTE 20 ANS
En passant du secteur des grands
Au secteur des petits des moyens
PUIS
Un nouveau poste
S’est ouvert
Pour le suivi des enfants handicapés
Dans le circuit scolaire « normal »
Ou
Pour ceux qui sont signalés par
L’école ou les services sociaux
LE SESSAD
C’était un travail d’équipe
Elle avait des contacts multiples
Avec des professionnels très variés
Une grande indépendance
Et aussi une grosse responsabilité
Pendant ces 5 ans de fonctionnement
Elle avait enfin la sensation d’être
RECONNUE ET VALIDEE
COMME PROFESSIONNELLE
Pendant ces 5 dernières années de sa carrière
Elle a travaillé majoritairement
Avec les écoles….
Elle ajoute
« J’ai réglé mon compte avec l’école
Qui m’a fait tant souffrir »
Cette dernière expérience professionnelle
A été la plus enrichissante
Elle a commencé sa carrière en faisant l’ouverture d’un établissement
Elle a terminé sa carrière en créant un poste de toute pièce
Dès sa retraite
Elle a éprouvé la nécessité
De revenir dans sa ville natale
Et
De faire une thérapie
Pour évacuer des angoisses
Très anciennes
Suite à cette démarche
Elle a pu utiliser
Les techniques de ce CAP
Qu’elle avait apprises dans la violence
Et en faire le véhicule de ses créations
Du manteau de plastique transparent
Pour un spectacle
Aux sacs de rangements esthétiques
Pour faire voyager une installation d’artiste
En passant par de multiples objets
Qui utilisent des matériaux et des formes artistiques
Très « tendances » et habilement pratiques
Elle a découvert ses capacités créatives
Qu’elle ne s’était pas autorisée
A les développer depuis son enfance
Pius elle a adhéré au projet
D’une association
Qui accompagne les familles de détenus
En visite à la prison
Cette problématique lui a très vite
Eté évidente
Elle a tout de suite été
Aidante efficace
Son parcours l’aidait à
Une compréhension immédiate
Des souffrances vécues
Par les conjoints et enfants de détenus
Au bout de 3 ans
Elle a pris conscience que
C’étaient les exercices pratiques
De sa thérapie !!
Retrouver mes souffrances de
Petite fille et de femme
Les guérir en aidant
dit-elle
Elle a réalisé alors
Qu’elle était bénévole
Qu’elle avait le choix
Pour une fois dans sa vie
ELLE POUVAIT DIRE NON A UN TRAVAIL
Car aucune obligation économique
Ne dictait sa décision
Elle avait élevé ses enfants
Les choix étaient alors liés
A son statut de mère
Maintenant
ELLE …ET ELLE SEULE
A LE DROIT DE DECIDER
SES CHOIX N’ENGAGENT
QUE SA PERSONNE
IL EST TEMPS
ELLE A 70 ANS … !
NB dit elle
« Les choix des femmes
Sont souvent des choix lies
Aux obligations économiques
Elles font des enfants
Et s’en estiment responsables
Jusqu’à l’âge adulte
Les choix des hommes sont de vrais choix
Liés à leurs désirs
Entre désirer
Et désirer faire vivre ses enfants
Réside une des différences entre les hommes et les femmes »
ELLE DECIDE
DE REPARER SA JAMBE
Qui manifeste ne plus vouloir
AVANCER
Elle fera ce qui lui semble
BON
Pour que
SES CHOIX SOIENT
SES VRAIS CHOIX
AH MAIS.. !
A CE JOUR
Elle ne court pas encore comme une gazelle
Mais c’est son horizon
Afin que ses projets à venir
Se réalisent
Son prochain projet ?
Acheter une planche … !
Pour réaliser une de ses créations
Une tête de lit
Qui est encore dans sa tête à elle
Prête à être réalisée par elle
Pour son plus grand plaisir a elle….
AVANTI Nicole
Tu as encore quelques défis à relever
Celui d’être toi et toi
Celui d’être une médiatrice
« Madame sagesse madame bon sens »
CONTESSE
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Mimi Contesse
Contesse