
NATHALIE PAR SKYPE BRUXELLES
PARIS AVRIL 2020
Lorsqu’elle était enfant
Elle ne savait pas vraiment ce qu’elle ferait plus tard
Ce n’était pas le sujet
Il y avait ses poupées
Auprès de qui elle faisait œuvre d’enseignement
Mais comme tous les enfants Sans plus
Elle regardait son frère absorbé par le dessin technique
Elle voulut s’inscrire dans une filière « dessin industriel »
Cela lui plaisait beaucoup
Sauf que…
Il y aurait eu dans sa classe deux filles et trente garçons
Des machines puantes, de la graisse etc. Elle a cherché autre part
Elle a opté pour les langues car elle rêvait de voyager
Allemand anglais espagnol
Elle aurait aimé être hôtesse de l’air
Mais
Elle était trop grande et donc, ne rentrait pas dans les critères
NB elle dit « .à 14 ans je mesurais déjà 1M74 … ! »
Elle a préparé un bac littéraire
Qui lui paraissait au plus près de son désir de voyages
D’autant qu’elle n’était pas une « grande matheuse »
Il restait l’option « commerce international » qui plaisait à son père
NB elle raconte s’être appliquée à rater le concours de l’école de commerce…
Elle ne savait pas vraiment ce qu’elle souhaitait
Mais elle ne se sentait pas trop pressée car elle était née en septembre
Et avait un an d’avance …
Elle a finalement réussi le bac à 16 ans et demi
Ainsi
Elle choisit le cycle LEA Langues Etrangères Appliquées
Anglais et allemand
Elle avait une amie dans la même filière, tout allait bien
Mais
Ayant eu son bac au rattrapage, elle n’a pas pu s’inscrire
Elle a bifurqué vers un DEUG d’anglais
Mais
Comme il n’y avait que 16H de cours
Elle s’est inscrite aussi en DEUG d’Allemand, pour l’abandonner rapidement
NB elle dit j’ai réussi mon DEUG d’anglais en 3 ans
Après beaucoup d’heures passées à la cafète à refaire le monde
Et dans les manifestations c’était en 1987 j’avais 20 ans
NB elle dit « j’étais plus souvent avec les étudiants et à rêver d’humanitaire et …d’amour »
La dernière année je n’avais que 3 matières à présenter
NB « En même temps j’avais proposé à mon père de prendre un job de caissière chez Félix Potin » dit elle
Comme il était d’accord pour financer ses études
Et voulait qu’elle ait un bon CV
Malgré ses quelques errances …
Elle a obtenu le diplôme de la chambre de commerce franco-britannique
En même temps que son DEUG
Elle est bilingue
Mais ne s’est jamais servi jusqu’à ce jour de cette possibilité
Elle continue encore un peu sa vie d’étudiante
Mais en cycle court
Car elle n’a plus envie de dépendre financièrement de papa maman
On est en 1988 /1989
Elle songe à faire des études dans l’édition, le tourisme
Des voies sans débouchés
A cette époque les cursus de communication
Commencent juste à être mis en place en France
Selon deux options … Relation presse, Relations publiques
Son DUT est prévu en deux ans
Grâce à son DEUG d’anglais reconnu en équivalence
Elle l’effectue en un an
Il existe des écoles à Nancy Toulouse Bordeaux
Son père valide sa demande
Sa mère se plaint de voir ses enfants partir loin
Elle fait sa formation à Nancy
Et son stage à la chambre de commerce et d’industrie de Versailles
Puis
Elle devient Relation publique et Presse dans une agence à Rambouillet
Elle a 20 ans, elle apprend
Mais quand son CDD n’est pas renouvelé, elle ne fait rien pour qu’il le soit
Elle travaille en Intérim dans une société d’autoroute
Elle crée des dispositifs ludiques autour du statut de l’enfant voyageur en famille
Elle anime un personnage ANDRE LE LUTIN
Elle imagine des stratégies pour que les parents occupent les enfants en voiture
Et surtout pensent à s’arrêter … Pour retrouver le lutin sur les aires de repos bien sûr !
NB opération qui fonctionne encore à ce jour et qu’elle a adorée …
Puis
Chômage et vacances en Grèce .. !
Puis
CDD dans une entreprise « Abeille assurances »
Assistante de communication dans le service Direction Commerciale
Cette fonction ne lui convient pas car il lui manque le volet relation humaine
Elle cherche un autre poste
Mais
Sa mère tombe malade…
Elle reste
En 1994 elle postule en interne
Pour devenir formatrice
Mais
Elle change d’équipe et de chef… Sa mère retombe malade
En 1995 à la suite d’un bilan de compétence, elle demande un congé individuel de formation
Elle obtient en 1996 le financement de sa formation en plus de son salaire
Elle commence à la Sorbonne … rue des Saints pères !
Le DUFA
AU COURS DE CETTE DELICIEUSE ANNEE
Elle apprend comment on apprend
NB « je verrai à quoi je forme pourquoi et comment lorsque je serai formatrice » dit-elle
Elle croise une grande dame des sciences de l’éducation
Maryvonne Sorel
« Elle m’apprend tous les fondements de ce que je transmets encore à ce jour dans mon travail »dit-elle
A l’issue de la formation, elle rejoint le groupe d’assurances et y devient formatrice
Elle y restera jusqu’en 2009
Puis
A cette époque elle croise un atelier théâtre et
En même temps elle se forme à l’animation et au pilotage d’un atelier d’écriture
Elle pratique en bénévole pour divers ateliers pour adultes, en associatif, à la bibliothèque et aussi
Dans une classe avec des élèves de CM2 à Marly le roi
Son travail en entreprise évolue, elle devient « ingénieure de formation »
Elle conçoit des dispositifs de gestion des compétences selon les normes AFNOR
Ces dispositifs concernent des jeunes en contrat de qualification
Ils obtiennent ainsi une reconnaissance professionnelle, bien qu’ils n’aient pas ou peu de diplômes
Tout cela fait sens pour elle dans le service des ressources humaines
Dans lequel elle se sent en phase avec ses valeurs
Passer du commercial brut à l’humain lui convenait
Mais
Une fois passé le temps de création des dispositifs
Elle s’ennuie
Elle réfléchit
L’envie de partir vivre en Belgique la titille
Elle demande un temps partiel pour écrire un livre sur
LES ATELIERS D’ECRITURE
Lorsqu’elle retourne au bureau
Elle sent de la part de ses collègues une jalousie
A l’égard de celle qui s’offre le luxe d’un temps partiel
Une semaine toutes les 3 semaines !
NB : chaque fois qu’elle revient au bureau elle se dit «Chouette dans 3 semaines je retourne m’éclater à écrire ce livre »
LE LIVRE PARAIT EN 2009
Elle a réussi son pari et revient dans l’entreprise
Mais
Son chef lui propose un poste dans « l’organisation »
Pour elle, il est trop tard
Et elle s’était promis de ne plus jamais travailler avec celui qui devrait être son nouveau chef
Elle fait donc tout ce qui est en son possible pour que sa candidature ne soit pas retenue
Elle réussit à être recalée !!
Et on recrute une personne à l’extérieur
Là encore elle se pose cette question lancinante
Elle doit trouver autre chose
Il est nécessaire qu’elle arrête
Or
C’est justement à cette période que la loi sur
« La rupture conventionnelle du travail » vient d’être votée
Autour d’elle les avis sont plutôt contraires
Ses collègues continuent sur le mode jalousie
« Oui mais tu n’as pas d’enfant ni de conjoint
Oui mais je n’ai personne pour un rattrapage en cas de danger
Oui mais le chômage n’est jamais une période agréable
Oui mais je ne suis pas dans la rue et j’ai un peu de réserves
Oui mais on ne quitte pas un CDI
Oui mais si je ne le fais pas maintenant je ne le ferai jamais »
ELLE QUITTE ET…..
Croise sur son chemin….Un amoureux
Et une coopérative la « Copaname »
Elle devient pour un temps formatrice d’atelier d’écriture en free-lance
En même temps elle contribue au développement de la coopérative
Mais
Il lui manque des connaissances dans le domaine de
La commercialisation de sa formation
Comme elle a maintenant une famille
Elle se cherche un emploi plus stable
Elle répond à une annonce d’une association affiliée à La Poste
Pour un poste de formatrice pour accompagner
Des personnels addicts à l’alcool vers une démarche de soin
Ce poste est en lien avec ses valeurs
Mais le salaire est peu attractif
Elle reste cependant de 2012 à 2014
Puis des deuils et des ruptures diverses
ET
Elle se reprend à rêver de Bruxelles
Cette fois elle saute le pas
NB « parfois le chômage est une opportunité de vie
Et non une situation subie » dit-elle
Elle arrive à Bruxelles avec un projet de vie, dans lequel elle doit intégrer un projet professionnel
Et elle comprend très vite qu’elle ne trouvera pas
D’équivalence de diplôme
Elle bénéficie des allocations de chômage de Belgique quelques mois
Mais
Ses diplômes français ne sont pas reconnus en Belgique
Et elle ne peut exercer dans le domaine qui est pourtant le sien
Elle peut cependant se servir de son expérience pour trouver un travail
Elle obtient une mission courte dans une association
Comme chef de projet en communication pour écrire une publication
sur les activités pour jeune public de Bruxelles
Et l’inclusion des enfants en situation de handicap
Mais
Pour trouver un vrai travail elle repasse en cours du soir un master
En deux ans (elle ré apprend une partie de ce qu’elle a appris en Belgique)
NB elle dit « c’était sans intérêt pour moi mais je voulais rester en Belgique j’en avais envie ce n’était pas du courage mais de l’envie »
Alors
Elle est recrutée par un organisme qui lui confie une mission à la fois logique et étonnante …
Coacher des demandeurs d’emploi dans leur démarche de construction de parcours
Elle défend d’ailleurs l’idée du « chômage créateur élément fort de construction »
Elle associe l’enseignement de l’écriture professionnelle à des exercices d’ateliers d’écriture
Puis
Elle quitte la fonction de formatrice
Pour la fonction de CONSEILLERE EN FORMATION dans
L’organisme équivalent de pôle emploi pour la région de Bruxelles
Mais….Encore à ce jour ….Elle s’interroge
Souvent elle a quitté des emplois
Par ennui mais aussi et surtout parce qu’elle n’apprenait plus rien
Même dans les fonctions hors marge comme les ateliers d’écriture
Alors … Peut être
Va-t-elle retourner vers la coopérative de Bruxelles
Pour mettre en œuvre ce qu’elle n’a pas fini à la coopérative « Coopaname » à Paris
Elle y croiserait des gens en adéquation avec ses valeurs
Hors du métro/boulot/dodo dont elle ne veut pas
« Ce serai en continuité et en cohérence avec mon parcours » dit elle
Actuellement
Elle met en place un dispositif nouveau qu’elle teste avec les publics en recherche d’emploi « Les autobiographies raisonnées » qui seraient une sorte de synthèse de ses expériences vécues avec des publics très différents et des organismes publics et/ou privés qui lui ont confiés des missions
« J’ai dit j’arrête
Mais je n’ai pas pu m’empêcher de créer une cellule pédagogique qui tente d’apprendre et de comprendre comment mettre les humains au centre ….
A 53 balais ! Je dois transmettre ce que mes expériences dans plusieurs milieux professionnels m’ont appris en jonglant entre la communication la gestion la formation la médiation
Je dois créer cette spirale ascendante image de la vie dont d’autres se serviront après moi »
… Elle voulait faire de l’édition ou de l’impression en bénévole ou en professionnelle..Alors…tout est en ordre quelque soient les boucles de la spirale ascendante
Les mots ont et auront toujours le dernier mot…
CONTESSE ENCORE MASQUEE
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Mimi Contesse
Contesse