
FLORENT MAI 2020 CONFINE
Quand il était petit
Il voulait être vétérinaire en Afrique
« Suite à une série TV DAKTARI, je me souviens du nom du vieux lion blessé (aveugle) Clarence et de la guenon Judith mais j’ai oublié les noms des gens … ! C’était une série en noir et blanc (ou c’était juste la télé qui était en noir et blanc) que j’adorais
Lorsque j’étais gamin » dit-il
MAIS
Il n’avait pas vraiment de projets pour son futur
Il ne voulait pas être médecin comme sa mère
Il a passé son enfance à jouer
« Je jouais avec une poupée big Jim (et ses copains, big Joe aux cheveux blancs, Big Jack qui était noir) un garçon aventurier costaud musclé mais non guerrier comme ceux de la génération suivante (GI Joe). » Dit-il
L’école s’est passée sans évènement particulier
Si ce n’est qu’il a beaucoup aimé de l’école… les relations sociales
La cantine (les verres avec un numéro au fond) les récréations les jeux avec les copains, les grandes parties de gendarmes et voleurs, de ballon prisonnier, de billes et surtout de foot où tous les midis il était, avec ses potes, l’équipe des « verts » de Saint-Etienne.
« A l’époque j’étais Ivan Curkovic, le gardien de but de Saint-Etienne, les frères Dhotte étaient les frères Revelli, un autre dont le nom m’échappe était Rocheteau… c’était toujours la même équipe et on gagnait tout le temps, comme Saint Etienne, dans mon souvenir. Mais je ne me souviens pas des adversaires, ce qui était important c’était la bande de copains »
Au collège
Il a trouvé cette période très dure
Moins pour lui, car il naviguait assez bien (aujourd’hui on dirait « populaire »)
Mais pour un de ses amis habitant le même immeuble qu’il avait habité dans la Cité des « Creusettes »
Qui était à la fois très aimé des filles et qui était très efféminé. Il « sortait » avec les plus belles filles, était entouré d’une nuée de filles chouettes et attisait évidemment la rancœur des petits mecs arrogants et laborieux.
Alors, il était très bousculé, provoqué, agressé même par les garçons du type « Caïds »
C’était des relations du « vieux monde… », les filles, les garçons dans leurs rôles
« Les garçons pensaient devoir s’afficher comme des durs
Et pensaient que pour être « intégré » il fallait avoir « couché » même si mon enquête de l’époque donnait une proportion « d’intégré »s très minime !!!»dit-il
Le lycée fut à l’inverse une période très heureuse
Expurgée de cette violence adolescente et sociologique. Sans doute moins de mixité sociale qu’au collège, avec les enfants des quartiers pavillonnaires, assez modestes, ouvriers (de la SNR, par exemple) et employés, notamment les enfants 2ème génération d’immigrés italiens, ceux des deux quartiers plus sociaux avec les enfants d’immigrés magrébins et puis, les enfants de cadres, comme lui).
Mais ce n’était pas dans le lycée bourgeois d’Annecy. Les plus modestes étaient plutôt ceux de la campagne environnante, les fils et filles d’agriculteurs, par exemple, « les hauts savoyards et fiers de l’être »
Les garçons et les filles avaient des relations plus douces plus paisibles, dans l’amitié mêlée de séduction. Tout le monde recherchait sa bande, mais ce n’était plus des bandes refermées et hargneuses vis-à-vis des autres. Chaque bande avait son café. Lui c’était « chez Monique », café pourri avec arrière salle où on jouait aux cartes et passait son temps de sèche avec un galopin de limonade ou de bière.
PUIS
Il a dû recommencer sa première (consacrée aux « copains » ce qui lui a donnée
Une année de plus pour « s’intéresser avec détermination aux filles », faire une bonne 2ème 1ère et une bonne terminale et réfléchir à ses choix
« Je devais être perturbant pour les enseignants cat j’utilisais ce que disait l’adulte pour faire rire la galerie…et lorsque j’étais interpelé…je pouvais répéter exactement (exactement il ne faut pas exagérer, mais assez précisément) ce qui venait de se dire car je suivais très attentivement pour…détourner…. même invité à être devant je continuais à perturber!! » dit-il
Lui souhaitait SCIENCES/ PO……Ses parents prépa HEC, école de commerce, pour le mettre à l’abri…
« À cette époque j’ai rencontré le prof qui m’a le plus marqué… il enseignait l’histoire il était passionnant et… bousculait ses élèves, avait des manières d’ours, attendait qu’on lui rentre dedans (mais t’avais intérêt à être solide sur tes arguments)… détestait les faux semblants …les masques (même de carnaval !). Un homme remarquable que j’ai continué à voir pendant des années après le Bac.
Il avait un sens du systémique pour mieux revenir au particulier. Il m’a aidé à structurer ma pensé
Il pensait que science po c’était mon truc, que ça me permettrait de m’épanouir, mais…. »
Comme ses parents étaient prêts à lui financer une prépa éco (à l’époque on disait prépa-HEC même si presque personne, bien sûr n’allait à HEC)
Que l’école /privée coutait très cher (30000 francs de mémoire)
Qu’ils faisaient ce gros investissement pour lui, son avenir
Il s’est senti un peu obligé de choisir la prépa pour faire honneur à ses parents
Et la Prépa au « prestigieux » Cours Pascal à Lyon (enfin dans les milieux tout pourris de la bourgeoisie lyonnaise où les gamins n’en foutent pas une rame mais ont toujours une solution pour se récupérer).
Ce fut une effroyable année sur beaucoup de plans
Surtout sur le plan des relations sociales… déprime (loin de sa chérie qui était à Grenoble)
« Les étudiants étaient… Des enfants gâtés qui n’avaient pas vraiment envie d’étudier » dit-il
Heureusement il était hébergé chez sa grand-mère (« Mémé »)… beaucoup d’échanges, sur sa vie à elle, depuis l’enfance dans la campagne savoyarde, jusqu’à Lyon en passant par Paris (Ecole Pigier, grands magasins)
Il fréquentait beaucoup les cinémas arts et essai qui ont d’ailleurs parfait sa culture ciné.
En fin d’année de prépa
Il avait de mauvais résultats qui confirmaient
Que sa place était…… A SCIENCE PO
AINSI
Il s’est inscrit en sciences po à Grenoble
Le système d’inscription était intéressant
Il suffisait d’avoir le bac pour pouvoir tenter l’entrée
Un séminaire en septembre où on donnait trois livres
Les étudiants avaient 15 jours
Et quelques conférences de méthodologie
Puis on passait un examen en 3 épreuves
Le résultat était
Soit oui c’est un honneur pour nous de vous recevoir
Soit on pense que vous devriez vous orienter autrement mais vous pouvez tenter de rester (vous allez vous planter certainement, mais bon…)
Soit refus de votre candidature
Ce système de sélection permettait une grande diversité de recrutement
Tout à fait inverse à la logique élitiste de la prépa…
Il a beaucoup aimé cette période
Ils rêvaient demain et n’oubliaient pas de faire des fêtes
Il y avait de grands débats politiques entre les étudiants
Il y avait un vent de confrontation avec les professeurs très fructueux
Il dit « j’ai eu l’occasion de discuter plus tard avec un de mes profs.il se plaignait que les
Étudiants étaient devenus lisses …il n’y a plus de ces débats, de confrontations, que des bons élèves scolaires »
Il a eu la chance d’être
Dans un cursus hors compétition
« La politique économique et sociale »
Il dit « c’était des années d’études dans une bonne ambiance nous étions deux garçons deux filles nous avons travaillés ensembles, révisés ensemble dans la maison de mes parents et
Nous avons tous réussi… L’une a fait de l’humanitaire, un autre est devenu principal de collège, la troisième responsable d’un service social dans une mairie…»
C’était aussi le temps de la première expérience amoureuse, de vie en couple (6 ans en comptant les années lycées… pas rien à cet âge… on était « le couple », un point de repère et d’horizon pour les copains et copines qui cherchaient encore une relation stable)
Puis
Rupture radicale avec la vie d’étudiant
Le service Militaire
Le souvenir qu’il a de la période dite « les classes » est l’ennui le froid de décembre
Les complications de trajets pour les permissions
Il avait demandé un poste en coopération (sans passion, ni vrai désir, juste échapper au service militaire)
Ou l’armée de l’air ou le journalisme i
Il a été affecté dans une base de l’armée de l’air à Chartres
Les classes, au passage, ont noyé dans l’œuf une passion amoureuse naissante et impossible à vivre (« les classes ça te vide, tu n’as rien à échanger, tu es loin, c’est l’hiver, c’est la mort de l’amour »)
MAIS
En fonction des diplômes, les jeunes recrues étaient ou non mutées à Paris
Commence pour lui une fonction de militaire
Qui ne manque pas d’humour
Et surtout de commodités pour un jeune homme avide de connaitre Paris
Il était « chargé de l’hôtellerie de la base aérienne verticale de Balard »
Tel était le commentaire du gradé qui les a accueillis
Son travail consistait
A gérer les questions de draps de ménage des chambres, de clefs
D’enregistrement des noms et grades du paiement des chambres
Pour cela il avait un studio et hors de ses périodes de garde
Il pouvait vagabonder dans Paris avec ses compagnons d’infortune
« Il se souvient de moments jubilatoires (« ok un peu co** mais on a peu d’occasions de rire en caserne ») pour un militaire de base qui pouvait exiger qu’un haut gradé en visite à l’Etat-major laissent ses papiers et paie sa chambre… »
Pendant cet épisode militaire
Il a traversé l’ennui du moment en construisant une forte amitié (un colosse de 2m04, « l’homme le plus doux et les plus silencieux que je n’ai jamais rencontré ») qui lui a ouvert d’autres cercles, d’autres familles, avec des amis qui sont parmi les plus proches aujourd’hui.
Puis le service militaire termine
Il obtient un contrat de 6 mois dans une « Mission Locale » à Cergy-Pontoise
Il devait créer des outils d’observation des publics de cet organisme
Il était hébergé à Cergy chez son frère et sa femme
Joséphine une pétulante africaine
NB (à défaut d’un poste en coopération l’Afrique s’invite dans son quotidien.)
Pendant cette période il sortait beaucoup
Dépensait joyeusement ses premiers salaires
« Je me souviens m’être acheté 23 disques en une semaine et mon premier clavier » dit-il
Il s’essayait à la musique… composer, écrire les paroles, jouer, enregistrer sur un 4 pistes
Il est resté près d’une année au chômage entre Cergy et chez ses parents
PUIS
Il a trouvé un travail à Paris
Dans une entreprise de conseil (Bernard Julhiet Conseil)
Il déménage à Paris
Il logeait chez différents amis et connaissances, des parties de semaine, le sac toujours dans la voiture
Il fait des études sur les schémas de formation
Et les parcours professionnels pour les missions locales
En Bourgogne, Picardie, champagne Ardennes
Il trouve cela très intéressant sur le plan politique
Mais pas facile à mener…… !
Il retrouve l’amour
« C’est dans cette période que J’emménage à Paris avec Blanche
2 ans avant la naissance de notre premier enfant, on a pas trainé » dit-il
PUIS
Son collègue (celui qui l’a recruté) le met en contact avec son employeur suivant
L’Institut de formation à l’animation adossé à la confédération des MJC
Pour lequel il a fait de la formation, de la conduite de projets européens de formation, du conseil stratégique pour la confédération.
ET cela pendant 8 années. Encore une grande complicité et amitié qui nait dans la relation de travail avec son chef
Puis lorsqu’un nouveau boss est arrivé
Il n’a pas reproduit le schéma stimulant de l’ancienne équipe
Il quitte les MJC
Il retrouve un poste à Paris
Pour une entreprise lyonnaise de conseil
Pendant une année, il assure des missions courtes d’appui pour des associations
MAIS
La direction fonctionnait sur le modèle
« Pression stress flicage » dit il
Il cherche un autre travail
ET
Situation étonnante et drôle
L’entretien qui lui est proposé suite à une annonce « Télérama » à laquelle il a répondu
Il se trouve en présence d’un consultant avec qui il partageait les locaux à Paris !
Situation un peu stressante pour lui
Mais qui se termine bien, grâce à cette interface d’ailleurs…
Il est recruté en 2008 à L UNHAJ (union nationale pour l’habitat des jeunes)
Il fait de l’animation de réseau auprès des adhérents du réseau, des unions régionales, pilote des grands programmes de développement de l’union
Depuis 13 ans
Beau projet, belle équipe mais, « ces deux dernières années sont une période un peu morose » dit il
Les typologies d’organisation changent
La gouvernance change
MAIS
Quel intérêt trouve-t-il encore ?
Le confinement exacerbe cette réflexion
Quelle sera la suite ?
Pour le moment il ne voit pas
Est-ce sagesse ou manque de vision du futur ?
La seule chose dont il est sûr….C’est ce qu’il ne veut pas faire ?????
Entre sagesse et témérité…Entre contingence économique et désir ce changement. Il réfléchit
C’est certain Florent
Le dé confinement est un moment propice pour tous de refaire son monde avec espoir et détermination !!!!!!
CONTESSE MASQUEE
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Mimi Contesse
Contesse